30.06.2009
ISR ET LA CRISE
Source : Rédaction CFO-news
ISR : L'investissement socialement responsable et la crise financière
L'investissement socialement responsable et la crise financière: se protéger contre une destruction de valeur globale.
Cet exemple, classique en théorie des jeux, se retrouve naturellement dans le comportement des investisseurs: ce qui peut être bon pour un investisseur individuel ne l'est pas nécessairement pour la communauté des investisseurs prise dans sa globalité. Exercer une forte pression sur les entreprises afin qu'elles réalisent une rentabilité immédiate maximum est en effet susceptible d'augmenter les gains à court terme, mais aura finalement un effet pervers: elles prendront davantage de risques et pourront être amenées à recourir à des pratiques d'affaires irresponsables qui finiront par entraîner tout le monde au désastre. Les investisseurs forment de facto une sorte de «communauté de destin» économique.
Et c'est l'une des interrogations que pose de la crise actuelle: celle du rôle que devrait prendre l'analyse extra-financière, et en particulier la meilleure prise en compte des critères d'investissement Environnementaux, Sociaux et de bonne Gouvernance (ESG).
Une telle question fera probablement bondir la plupart des investisseurs «classiques», d'autant que depuis le début de la crise, les produits d'investissement mettant en oeuvre les concepts ESG ont souffert bien autant que les investissements conventionnels, si ce n'est parfois davantage. Certains parviennent même à peine à masquer leur «schadenfreude».
Après tout, l'analyse ESG n'avait-elle pas justement pour objet d'identifier ces risques, au delà des techniques financières traditionnelles? Et la crise actuelle n'a-t-elle pas apporté la preuve que ces grands discours d'autopromotion sur les risques et opportunités cachés liés à la durabilité étaient totalement erronés?
La réponse à ces deux questions reste mitigée, dans le sens où certains partisans d'une approche particulière de l'ESG ont en effet probablement mérité cette critique: ceux qui voulaient nous faire croire qu'il était réellement possible et suffisant de n'examiner que les critères ESG «financièrement matériels», c'est-à-dire limiter les indicateurs ESG à ceux susceptibles d'avoir une influence directe sur la rentabilité des entreprises. Bien évidemment, ces «champions» de la matérialité ont vu leurs performances anéanties, à l'instar de celles des autres acteurs du marché.
Devons-nous pour autant passer à autre chose et jeter aux oubliettes l'ensemble de l'ESG avec ses bévues? Loin s'en faut! Nous sommes au contraire persuadés que la crise a, de fait, validé un point de vue alternatif et plus traditionnel des investissements ESG, qui prône une approche plus large et moins arrogante de l'investissement socialement responsable (ISR). Après tout, personne ne saurait nier qu'à l'origine même de la crise, on trouve des pratiques endémiques et hautement insoutenables: objectifs de rentabilité immédiats et clairement incompatibles avec le contexte économique, distribution effrénée de crédit à des acteurs notoirement incapables de rembourser, incitations directes à la prise irresponsable de risques, ... et surtout recours à des pratiques de gouvernance ayant empêché tout contrôle efficace des risques et contribué à dissimuler le désastre naissant.
Sanctionner ces dérives professionnelles et encourager à une meilleure gouvernance constituent dès lors la justification ultime d'une stratégie d'investissement ISR crédible. Promouvoir activement les bonnes pratiques de gouvernance au plan environnemental et social, dans les entreprises comme dans l'ensemble de l'économie, demeure en dernière analyse la protection la plus efficace que nous puissions «acheter» contre une destruction de valeur aussi importante que celle que nous avons observée.
Le terme d'«acheter» a été choisi ici à dessein. Nous devons en effet apprendre à considérer l'ISR comme une sorte de «prime d'assurance», un investissement dans la stabilité de notre système financier et économique. Comme pour s'assurer contre un dommage, une stratégie d'investissement durable exige le paiement d'une prime et peut donc, au moins à court terme, avoir un certain coût. Malheureusement, moins le système économique est durable, plus ce coût sera élevé!
Du point de vue de l'investisseur, individuel comme institutionnel, renoncer au rendement maximal réalisable sur un placement et se contenter d'une rentabilité marginalement plus faible semble relever de la mauvaise décision. C'est toutefois un sacrifice qui mérite peut-être d'être consenti si nous voulons nous protéger efficacement contre le pire scénario, celui d'une correction à la baisse, généralisée et massive, qui ne touchera pas seulement les mauvaises entreprises à l'origine du chaos, mais qui enfoncera également l'ensemble du marché.
Bien sûr, se borner à identifier les meilleures entreprises et y investir ne sera pas d'un grand secours aussi longtemps que le nombre d'investisseurs ISR agissant ainsi restera aussi limité qu'aujourd'hui. Ce dont nous avons donc besoin, c'est d'un nouveau code d'investissement et de l'effort conjoint d'un nombre d'investisseurs suffisamment important pour entraîner le changement souhaité.
Par conséquent, renoncer au profit maximal réalisable à court terme et viser une croissance un peu plus faible, mais raisonnable à long terme, semble non seulement souhaitable d'un point de vue normatif, mais également constituer une stratégie d'investissement plus rationnelle. Car elle favorise une économie globalement plus stable et durable, pour les entreprises comme pour les investisseurs et finalement pour la société.
Par Christoph Butz et Olivier Ginguené
Christoph Butz est expert en développement durable, Olivier Ginguené est membre du comité exécutif de Pictet Asset Management à Genève.
Pictet & Cie
Route des Acacias 60
1211 Genève 73
www.pictet.com
Définition de Pictet Asset Management («PAM»): Dans ce document, Pictet Asset Management regroupe l'ensemble des filiales et départements opérationnels du groupe Pictet liés à la gestion institutionnelle: Pictet Asset Management SA, société suisse enregistrée auprès de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers FINMA, Pictet Asset Management Limited, société britannique autorisée et régulée par la Financial Services Authority, et Pictet Asset Management (Japan) Limited, société japonaise régulée par la Financial Services Agency of Japan.
13:40 Publié dans 4-I.S.R | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : isr, crise, valeur, gouvernance, social, ecologie
24.03.2009
LES FONDS MONETAIRES ISR
Paris, le 23 mars 2009 – Novethic publie aujourd’hui sa première note de travail sur « Les fonds monétaires ISR ». Classe d’actifs en pleine expansion puisque leur volume a été multiplié par six en 2008, ils répondent à l’engouement des investisseurs pour la sécurité qu’offre ce type de fonds mais l’ISR ajoute une dimension de fiabilité tempérée par une transparence relative dans la communication et une absence d’engagement des promoteurs à ne pas investir dans les paradis fiscaux.
Explosion des fonds monétaires ISR
Les 13 fonds monétaires ISR recensés par Novethic dans sa note de travail, pesaient 6,3 milliards d’euros fin 2008, soit 31% des encours des fonds ISR distribués en France contre seulement 5% à fin 2007 ! Il est important de souligner que 6 de ces 13 fonds (dont les trois plus gros) ont été récemment convertis à l’ISR. La tendance se renforce début 2009 puisque les encours du monétaire ISR ont atteint 7,6 milliards d’euros à fin février 2009.
A titre indicatif, les encours des fonds monétaires sur le marché français ont accru de 32 à 43% pour atteindre 490 milliards d’euros sur 2008.
L’ISR garantie la fiabilité…
L’application d’un filtre ISR aux fonds monétaires offre des garanties supplémentaires à des produits déjà peu risqués, mais récemment discrédités par des démarches visant à doper leur performance. En effet, l’ISR permet de mieux répondre aux besoins de sécurité des investisseurs. Evaluer un fonds monétaire selon des critères ESG (Environnement, Social et de Gouvernance), permet d’en cerner la nature, les caractéristiques et de mieux identifier les émetteurs.
…mais pas la transparence
Néanmoins, le niveau de transparence fournit par les sociétés de gestion qui proposent des fonds monétaires ISR reste inégal et limité, notamment en ce qui concerne les règles de sélection et les seuils de tolérance. Alors que certains gérants excluent d’office les titres ne faisant pas l’objet d’une évaluation extra-financière, d’autres en autorisent un pourcentage, parfois jusqu’à 50%, en portefeuille. Par ailleurs, aucun d’entre eux n’a pris de position concernant les paradis fiscaux, considérés comme catalyseurs de la crise financière, dont les titres figurent parfois parmi les dix premières positions des fonds du panel de Novethic.
Les Fonds monétaires ISR constituent la première édition des notes de travail du centre de recherche de Novethic. Synthétiques, elles se focalisent sur une thématique ISR et ont pour objectif de nourrir le débat sur la prise en compte de critères ESG dans la sphère financière. Publiées à un rythme trimestriel, les notes de travail prévues pour 2009 concernent :
§ Finance islamique et ISR : Quelles convergences possibles ?
§ Quand le « private equity » passe à l’ISR
§ La généralisation de l’intégration de critères ESG
A propos de Novethic
Filiale de la Caisse des dépôts et consignations, Novethic est un centre de recherche, d'information et d'expertise sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises et l'investissement socialement responsable. Son site, www.novethic.fr, est le média expert du développement durable, source de référence pour les acteurs de l’économie responsable.
Source : Communiqué de presse
18:30 Publié dans 4-I.S.R | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : isr, developpement durable, fonds, environnement, social, finance islamique
