13/03/2009
La finance religieuse
Dow Jones et Dharma Investments ont lancé des indices en accord avec les valeurs dharmiques. Religion et finance peuvent faire bon ménage
Après la finance islamique, la finance dharmique. Ce mot vient directement de « dharma », un concept commun à l'hindouisme, au bouddhisme, au jaïnisme et à la religion sikhe. Le dharma est la loi universelle régissant l'ordre des êtres et du cosmos.
Quel rapport avec la finance me direz-vous ? Certains principes éthiques comme la non-violence, la protection de l'environnement et de la communauté peuvent être appliqués en gérant ses avoirs.
Les indices créés par Dow Jones, en collaboration avec Dharma Investments, ont des points communs avec l'investissement socialement responsable. La recherche du profit est compatible sous certaines conditions avec des principes spirituels ou éthiques forts.
Cinq indices au total
Simplement, il faut faire des choix. Certaines entreprises indiennes comme le groupe de services informatiques Infosys ou le numéro un des télécoms Bharti Airtel ont été retenus.
Aux Etats-Unis, une valeur comme Apple respecte également les critères imposés.
En revanche, les experts ont exclu toutes les entreprises des secteurs suivants : défense, alcool, jeux d'argent, tabac, pornographie... Les groupes pharmaceutiques sont aussi exclus en raison des tests pratiqués sur les animaux.
Le travail réalisé par Dow Jones et Dharma Investments est très sérieux. La réflexion d'experts reconnus, universitaires et religieux, a permis la création de cinq indices au total.
Il y a d'abord le Dow Jones Dharma Global Index, véritable indice mondial. Ensuite, des référentiels ont été créés pour les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon et l'Inde. Le mois de janvier 2008 a été décevant pour les indices. En 2007, les performances ont été très variables d'un pays à l'autre. Le Dow Jones Dharma India a fini en hausse de 81,2 %.
Ce formidable bond traduit l'appétit des investisseurs pour la Bourse de Bombay. Comme un symbole, l'indice dédié au colonisateur britannique accusait un repli de plus de 10 %.
Au-delà des performances, l'entreprise Dow Jones réussit une nouvelle fois à faire parler d'elle pour ses indices. C'était déjà cette société emblématique qui avait lancé en 1999 les indices islamiques.
Nous remarquons que les secteurs exclus par la loi islamique sont souvent les mêmes que ceux bannis par le dharma. Sauf deux secteurs : la filière porcine et les services financiers.
A ce sujet, il est étonnant de voir des fonds souverains d'Etats islamiques prendre des participations dans des banques américaines. Que dire lorqu'il s'agit d'obligations convertibles avec des taux d'intérêt proches de 10 %... En même temps, si la finance et la recherche de rendement conduisent à l'apparition d'un commencement de laïcité dans les Etats islamiques, personne ne s'en plaindra.
A l'époque où ils avaient été créés, les indices conformes à la loi islamique avaient fait le tour du monde. Une nouvelle fois, Dow Jones réalise un joli coup médiatique. Les titres les plus prestigieux de la presse indienne ont déjà repris l'information. Des articles ont également été écrits dans certains médias américains comme Business Week et le Washington Post.
Les liens entre religion et finance sont anciens
Cette médiatisation s'explique par le fait que près d'un quart de la population mondiale est en phase avec une religion dharmique. Il ne s'agit pas simplement d'un phénomène de mode, tant cette population est appelée à prendre de l'importance. Sa croissance démographique est très soutenue.
La religion catholique n'a pas cet atout, que le prosélytisme ne peut compenser. Obtiendra-t-elle aussi son référentiel boursier ? Pour le moment, Dow Jones indique ne pas avoir l'intention de lancer un indice chrétien.
La popularité des indices déjà lancés montre que leur avenir est prometteur. Elle souligne aussi les liens particuliers existant entre la religion et la finance,dont l'histoire est souvent passionante.
Pour prendre un exemple, au cours du xixe siècle, deux banques d'affaires américaines très prestigieuses ont été fondées par des Juifs (Goldman et Lehman).
En Europe, la formidable saga des Rothschild est aussi un exemple de lien entre judaïsme et finance.
Le sociologue Max Weber s'est efforcé d'analyser, au moyen de concepts, les liens entre éthique protestante et esprit du capitalisme. L'affaire n'est pas simple et a suscité de nombreuses critiques. Parmi les nombreux arguments développés, l'auteur insiste sur le travail qui permet d'assurer son salut auprès de Dieu dans la religion protestante. Or l'utilisation rationnelle du travail est un des moteurs du capitalisme.
Les indices Dharma ont connu un mauvais mois de janvier dans un contexte boursier dégradé.
OLIVIER AUBERGER
23 Février 2008
Le Journal des Finances
14:57 Publié dans TRIBUNE LIBRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, finance, fonds, finance dharmique, isr, dow jones, ethique
02/02/2009
MR BEDDY OULD EBNOU

Ecrivain chercheur à l'Université Européenne de la Recherche, rédacteur en chef de la revue Al-Lissân Al-Hurr, secrétaire général de l'Observatoire Méditerranéen, coordinateur du groupe de recherche "finances éthique et finances alternatives", analyste sur Al-Jazeera, Al-Iqtisâdiyya, Al-Arabiyya, France24, DubayTV, Al-Mustaqilla TV etc., auteur de nombreux ouvrages et articles.
15:30 Publié dans LES MEMBRES D'HONNEUR DE FINEQUITY | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ethique, finance
28/01/2009
REGULER L"ACTIVITE FINANCIERE
Jeudi 29 janvier, 18h : “Comment réguler l’activité financière et bancaire au niveau mondial ?”
17 décembre 2008
Fonctionnement des agences de notation, transparence des marchés financiers, révision des normes comptables, règlementation des opérateurs financiers, mise en œuvre d’un dispositif mondial de surveillance, d’alerte précoce et de cogestion des crises financières … autant de défis auxquels doivent désormais répondre gouvernements et institutions internationales pour assurer les conditions d’une croissance équilibrée. Mais si le diagnostic fait aujourd’hui consensus, la mise en œuvre de solutions suscite réticences et oppositions.
Pour comprendre les enjeux et les difficultés de cette nouvelle régulation mondiale des activités financières et bancaires, ne ratez pas la troisième conférence de la Chaire Éthique et Finance que viendra présenter M. Christian de Boissieu, Président délégué du Conseil d’Analyse Économique, le jeudi 29 janvier à 18 h. Une conférence exceptionnelle à laquelle sera associée, en qualité de répondant, M. Antoine Bernheim, Président du Groupe des Assurances Generali.
Début de la conférence : 18 heures.
Lieu de la conférence : Institut Catholique de Paris, amphithéâtre René Rémond. (plan d’accès)
Entrée : 5 euros (gratuit pour les étudiants).
Inscription : cliquez ici (obligatoire pour les participants extérieurs à l’ICP).
09:33 Publié dans FINEQUITY AGENDA | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : finance, crise, ethique
14/01/2009
RAPPORT 2008
L'accès des particuliers aux services bancaires
Les enjeux éthiques
- responsabilité sociale des entreprises du secteur financier
- participation et actionnariat salarié
- lutte contre la corruption
| Présentation | |||
Le Rapport moral sur l'argent dans le monde, édité annuellement par l’Association d’économie financière, avec l’aide de la Caisse des Dépôts, fournit chaque année une large synthèse des grands débats qui ont traversé le monde de la finance au cours de l’année écoulée.
L’originalité du Rapport moral est de présenter, à travers de nombreuses contributions venant d’horizons très divers, dans quelles conditions les métiers de la banque et de la finance, métiers de service, concourent au développement équilibré de notre société.
La première partie, intitulée « la crise de la finance », tire les premières leçons de la crise qui secoue la planète financière depuis l’été 2007, une crise qui touche au cœur de la planète financière, à travers les mécanismes nouveaux de gestion des risques et de titrisation qui ont fait sa prospérité au cours des dernières années. Comment repenser une régulation pourtant sophistiquée, qui a montré ses limites? Quelles disciplines nouvelles imposer aux principaux acteurs, quel changement imposer à leur mode de rémunération pour introduire plus de responsabilité et d’éthique dans notre système financier, et éviter que l’économie réelle fasse les frais de ses dérives.
La deuxième partie aborde la question de l’accès des particuliers aux services bancaires qui a connu récemment une forte évolution : accessibilité bancaire, relations banques-clients, accès au crédit, formation des particuliers, le débat est toujours vif entre les banques et leurs clients.
La troisième partie fait un point d'actualité sur trois dossiers à forts enjeux éthiques : la responsabilité sociale des entreprises du secteur financier, la participation et l’actionnariat salarié, la lutte contre la corruption.
Prix : 30 €
11:20 Publié dans L'ESPACE FORMATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finance, crise, titrisation, responsabilité sociale
05/01/2009
extrait d'une conférence en ..ISR/FI 2008
Extrait d'un débat lors d'une conférence sur la finance islamique un jour de 2008!!!!
Un homme :
« Cependant une question l’éthique ne ramènerait elle pas au fond a une concentration d individus respectant une éthique donné ….et d autres individus une autre éthique ….et à terme créer des communautés financières qui peuvent en exclure d’autres …
On a pas tous la même idée de l éthique ….notamment en Islam…je ne suis pas un spécialiste des Quakers au XVIIIè.
Cependant l'application récente des fonds ISR remonte à 1971. À cette date, deux pasteurs de l'Église Luther Tyson et Jack Corbett, lancent le "Pax World Fund" pour investir dans les entreprises non liées à l'armement et au tabac…
On a ici l éthique de l investissement catholiques qui d ailleurs se recoupe fortement avec ceux de l'Islam
Le reversement de la zakat a qui ? Et pourquoi pas a d’autres ? …les fonds waqf, pourquoi l’assurance et les projets caritatifs…?
Se baser sur les valeurs universelles des individus car en se basant sur cette approche tout le monde se sent proche les uns des autres …
La femme :
« En effet c'est un débat sans fin de savoir la part d'universel qui existe dans l'éthique.
Il n'y a pas une éthique mais des éthiques.
Et toute personne qui prétendrait imposer une vision juste et universelle de l'éthique serait un dictateur.
Mais en attendant de résoudre cette question philosophique, tout discours sur les valeurs ne peut-être que circonstancié et partial au sens de "prendre parti", alors en attendant l'idéal, on ne peut qu'échanger nos points de vue sur les options éthiques qui s'offrent à nous, qui restent des choix humains, personnels ou communautaires, mais qui permettent d'aboutir à un consensus et à un vivre ensemble plus ou moins cohérent.
Donc oui, je prends le parti de promouvoir certains aspects de l'éthique financière musulmane, pour montrer d'ailleurs qu'ils rejoignent des valeurs très simples dont se réclament les banques occidentales mais qui ne les appliquent guère.
De toutes façons, faire une démonstration sur la dimension éthique d'un phénomène, d'une idée, d'un geste, d'un événement, etc... ne sera jamais une démonstration scientifique, c'est forcément une prise de position politique au sens noble du terme.
*Waqf
Le Waqf qui signifie étymologiquement « l’emprisonnement d’un bien légué dans le but de l’exploiter à des fins autres que son propre usage » , est l’immobilisation d’un bien pour le faire fructifier et en donner le bénéfice aux pauvres. En d’autres termes, le Waqf est une sadaqa ou aumône continue dont les récompenses, l’utilité et les effets qui en découlent augmentent durant la vie du donateur et continuent après sa mort ; ses bénéfices étant distribués chaque année (fonds de roulement).
Un des premiers Waqf a été fait par Omar Ibn Al Khattâb (compagnon du Prophète) qui est venu voir un jour le Prophète en disant : "Oh! Prophète de Dieu, j'ai gagné à Khaybar des richesses comme je n’en ai jamais gagné auparavant. Que veux-tu que j’en fasse ? »Le Prophète d’Allah (SWS) dit :« Si tu le veux, tu peux conserver la partie initiatrice et donner ses bénéfices en charité de telle sorte que cette partie initiatrice ne puisse être vendue, achetée, donnée en cadeau ou léguée. »
Pendant ses années de prospérité, la nation musulmane a entrepris de continuer la sunna du Waqf, conservant la partie investie tout en affectant les bénéfices et les produits des rentes aux causes nobles. Ceci devînt une grande ressource pour les causes charitables au sein de la communauté musulmane.
L’histoire témoigne de l'importance du Waqf dans l'édification des mosquées et des institutions scientifiques ainsi que la prise en charge de l’hébergement des étudiants et les salaires des professeurs.
Dans le domaine de l’éducation et de la recherche scientifique, les fonds du Waqf financèrent quelques-uns parmi les plus grands travaux médicaux tels que le livre de Ibn-Rushd (Averroès) « Al-Kuliyât Fit-tibb » qui fut plus tard traduit dans plusieurs langues et devint la référence de base pour enseigner la médecine dans le monde occidental. Il faut citer aussi le livre d’Al-Kazi « Al-Haawi »’le livre de Ibn-Sina (Avicenne) « Al-Qânoun » et « Al-Kuliyât » le livre écrit par Ali Ibn-Issa, l’ophtalmologue renommé.
Dans le domaine des services de la santé, les fonds du Waqf ont été utilisés pour la construction de l’hôpital et l’école de médecine de Dar Al-Shifa en Egypte en 875 AH, le complexe médical Mouristâne à Bagdad et l’hôpital Mansûri, pour les bénéfices desquels Ibn-Annafîss – celui qui découvrit le système circulatoire – donna sa maison et sa bibliothèque comme Waqf. Dans la seule cité d'Andalousie de Cordoba, il y avait quelque 500 hôpitaux soutenus par les Waqfs.
De riches musulmans donnèrent en Waqf les terres situées dans un rayon de 100 mètres de chaque côté de la ligne de chemin de fer s’étendant depuis Istanbul jusqu’à Bagdad et Médine. Sans compter les milliers d’auberges pour les voyageurs, les provisions pour les orphelins et les fontaines.
Source secours islamique
Zakat
La zakât, ou aumône purificatrice obligatoire, constitue le troisième pilier de l’Islam.
Le but de la zakât (l’aumône purificatrice légale)[1] est de réaliser l’équilibre et la justice sociale, d’empêcher le monopole de l’argent par les riches et encourager la circulation des biens.
Le modèle économique islamique est différent du capitalisme et du communisme. L’argent en Islam est à Dieu et non pas à l’individu ou à l’Etat.
Celui qui s’acquitte de la zakât protége son argent et le bénie. Il purifie par là son cœur,éléve son âme et fait fructifier ses biens[2]. Dieu lui multiplie les mérites.
Ibn ‘Umar a dit : « Toute richesse sur laquelle on prélève la zakât n’est pas considérée comme thésaurisée, même si elle est enfouie au fin fond du sol. Mais toute richesse sur la quelle la zakât n’est pas prélevée est considérée comme thésaurisée même si elle n’était pas cachée ». Celui qui thésaurise les biens(et ne donne pas la zakât prescrite) est concerné par le châtiment promis par Dieu dans le Coran à ceux « qui thésaurisent l’or et l’argent ».
[1] Il faut distinguer l’aumône légale (obligatoire) (la zakât), de l’aumône volontaire (méritoire) (sadaqatun). Cette dernière peut être donnée à n’importe quel moment et sans conditions, à ceux qui la méritent. Ainsi, il faut au préalable émettre l’intention de donner la zakât, car les actes ne valent que par les intentions.
(Il peut émettre cette intention (que ceci est zakât) au moment de distinguer la part (valeur) de la zakât ou quant il la distribue)
[2] Dieu dit dans le Coran: « Prélève de leurs richesses une aumône par laquelle tu les purifies et tu les bénis, et prie pour eux» Sourate 9, verset 103. Et il dit aussi : « Allah anéantit l'intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes» Sourate 2, verset 276.
Source doctrine malikite
13:51 Publié dans TRIBUNE LIBRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ethique, finance, finance islamique, waqf, zakat, partage
02/01/2009
Exubérance
L'année 2008 marquera pour toujours la fin de "l'exubérance irrationnelle" des marchés, décrite jadis par Alan Greenspan, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed). "La fin de beaucoup de mythes aussi, ajoute un trader, notamment celui que le secteur financier était protégé du risque grâce à des innovations comme la titrisation." Lire la suite l'article
Après cinq années de hausse ininterrompue, les principales places financières à Paris, New York, Londres ou Tokyo ont ainsi enregistré, cette année, des chutes spectaculaires et souvent inédites : de - 42,68 % pour le CAC 40 parisien jusqu'à - 67, 20 % pour l'indice de la place de Moscou et même - 94, 43 % pour celui de Reykjavik ! Les actions des banques, au coeur de la crise auront été les plus touchées comme l'illustre la chute de 57 % de l'indice financier du S & P 500.
"Nous avons enregistré des baisses record car les marchés ont été soumis à une multitude de chocs violents et successifs", explique Pierre Duval de la banque Palatine énumérant la crise financière, le choc pétrolier, puis la menace d'une récession mondiale.
"NOUS N'AVONS PAS TOUCHÉ LE FOND"
Après cette année noire, le pire est-il passé ? Les marchés sont-ils prêts à rebondir ? Chez les courtiers, gérants et traders, personne n'y croit. En tout cas, pas dans un avenir proche. " Il ne faut pas être naïf", estime Gregori Volokhine, de la société de gestion Meeschaert, à New York. "Nous n'avons sans doute pas encore touché le fond", prédit-il.
Selon l'économiste américain, Nouriel Roubini, les marchés aux Etats-Unis et en Europe pourraient reculer de 15 % à 20 % dans les prochains mois. "Les nouvelles macro-économiques et les annonces de résultats de sociétés seront bien pires que ce qui est attendu", explique M. Roubini dans le Financial Times du 23 décembre 2008.
De fait, les cours des actions reflètent les profits futurs des sociétés. A fin 2008, le plongeon des marchés correspond à un recul des profits des entreprises de l'ordre de 30 % à 40 % depuis 2007, "soit une baisse cohérente avec une récession "classique" comme celle de 1990 aux Etats-Unis ou de 1993 en Europe", calculent les experts de Groupama AM. Or la récession qui menace la planète en 2009 sera sans doute bien pire. La pire que les pays développés aient connue depuis l'après-guerre, signale le Fonds monétaire international (FMI). Les profits des sociétés devraient donc plutôt reculer de 50 %, selon Groupama AM. "Et les marchés pourraient tester les plus bas connus de 2003, 2 500 points pour le CAC 40", concluent-ils.
"Nous aurons sans doute encore de mauvaises surprises, renchérit Christopher White, chez Threadneedle à Londres, le marché va s'inquiéter de la déflation, il y aura des alertes sur les résultats des sociétés, et une baisse des dividendes de l'ordre de 20 % qui sera mal prise par les investisseurs."
Dans ce contexte, les gérants privilégient des stratégies sans risque et même ultra défensives. Ils restent à l'écart du secteur financier qui, en dépit de sa chute déjà spectaculaire pourrait encore reculer en Bourse. Les gérants préfèrent investir sur des valeurs solides, de grosses capitalisations, peu endettées contra-cycliques. Des sociétés du secteur de la pharmacie, comme "Roche, Novartis, ou des télécommunications comme Deutsche Telekom ou France Télécom en France, relativement immunisées contre une baisse de la consommation", indique M. White. Chez Palatine, M. Duval envisage aussi de mettre dans son portefeuille des actions de société de luxe comme LVMH, ou de la construction comme CRH en Irlande dont les cours ont, selon lui, trop baissé.
In fine, après ces quelques mois difficiles, les marchés pourraient progressivement se redresser, aidés par les premiers signaux positifs des plans de relance décidés par les Etats. "Après les turbulences de début d'année, les marchés pourraient alors finir en légère hausse", prédit Philippe Waechter, directeur de la recherche chez Natixis AM. "Il y a des chances de rebond dès 2009", espère aussi François Chevallier, chez VP Finance. Car "les actions remontent en moyenne six mois à un an avant l'économie", rappelle-t-il.
12:17 Publié dans TRIBUNE LIBRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finance, titrisation
01/01/2009
La recette de l'année 2008 1/2
Je vous souhaite à tous une très bonne année...j'espere sincerement que cette année soit 9 dans tous les sens du terme.
Une emergence d'humanisme, de changements de comportements, d'altruisme, l'année 2008 fut un constat de decennies de cupidité, de complexité, d'opacité...gardons les lecons de 2008, nous saurons ainsi ce qu il ne faut pas faire en 2009 ni les années d'après d'ailleurs.
L'heure est arrivé, nous ne voulions pas reformer notre systeme, maintenant c'est notre systeme qui le demande desormais.
Maité, grande cuisinere que tu es voici une nouvelle recette pour faire un plat bien acide et surtout qui permet que toutes nos assiettes soient vides.
Ingrédients :
Mettre un peu de 8 cela porte chance dit on chez les asiatiques...pour rappel les bourses asiatiques l'année 2008 aura été une "annus horribilis" comme pour l'ensemble des places boursières mondiales. Le 31décembre 2008 au matin en Asie, la bourse de Hong Kong a achevé cette année sur une chute annuelle de 48,3%, la plus forte en 34 ans.
Il ne faut pas trop croire à la chance, mais plutot à soi et aux autres...
Un ami me disait toujours "la nature n'aime pas le vide", la finance aussi ...tous les secteurs ont ete touchés, personne d'epargné non plus, d ailleurs beaucoup pensaient que cette crise financiere n'aurait pas d 'impact réelle puisque basé sur du fictif...ah oui ??
Mettre une bonne dose de cupidité de certains financiers qui remunere avec les fonds des autres, les erreurs de trading qui coutent l'equivalent des salaires de france sur une année, des erreurs de trading pour des services qui ne devaient pas exister mais qui en plus etaient en position de speculation pure .
Ajouter a cela une bonne dose de complexité de construction de produits afin que PERSONNE ne comprend rien a ce qu il detient.
Ajouter une pincée de laxisme des regulateurs comptables, financieres, politiques.
Saupoudrer avec des agences de notation, qui n ont pas l air tres au fait de ce qu il note.
Et voila laisser mijoter sur les marchés ....Le SUB PRIME CAKE....
bien amere ?
KM
Allez ne soyez pas trop defaitiste... j'arrive avec la suite.....bien plus optimiste
«Ce que la bouche s'accoutume à dire, le coeur s'accoutume à croire.»
Baudelaire
12:19 Publié dans TRIBUNE LIBRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finance, crise
la finance et dieu
DIEU, LA FINANCE ET ALLAH
L’histoire de la monnaie peut s’écrire comme un conte pieux : Au début Dieu (celui des cathos, soyons chauvins) créa la monnaie, mais comme il ne faisait pas trop confiance aux hommes, il créa en même temps, le mur du métal (on ne pouvait frapper monnaie qu’à concurrence du métal précieux que l’on détenait). Le même Dieu, interdit le prêt d’argent pour prévenir la faiblesse humaine Cela créa quelques guerres entre seigneurs pour piquer le trésor (le métal) du voisin, mais bon an mal an cela fonctionna plusieurs siècles. En 1660 Palmstrück, un suédois satanique, mit le ver dans le fruit en montrant que l’on pouvait transgresser (un peu) ce mur. Et en 1716 le démoniaque Law inventa la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire une monnaie basée sur rien d’autre que la confiance (fiducie dans la langue de Médicis). On s’aperçut très vite que les hommes étaient fous car l’expérience dura … quatre ans ! La morale qui en découla dit qu’il faut limiter la folie des hommes en pratiquant une régulation raisonnable de la gestion de la monnaie et de son avatar, la finance.
Mais les démons rodaient et progressivement la monnaie fiduciaire envahit le Monde. Dieu réussit encore à contrôler les spéculateurs en imposant l’étalon-or. Mais Méphistophélès tint la main des Américains à Bretton Woods (1944) puis à Washington (1971) pour enlever toutes entraves à la création de liquidités. Heureusement qu’un bon génie qui passait par là, Keynes, sauva in extremis les derniers bastions : un FMI et des banques centrales interventionnistes. Mais encore une fois les « gnomes de Zurich » et autres « traders de Londres » n’eurent de cesse que d’affaiblir ces derniers gendarmes de la finance afin de s’en remettre aux seuls marchés-rois.
Aujourd’hui deux constats :
Le premier met en lumière l’estomac des ultra-libéraux qui, comme toujours, détruisent les instances de régulation pour mieux profiter (au sens plein du terme !), et vilipendent leur discrétion lorsqu’ils ont abusé du système et sont en train d’en payer les conséquences … comme l’exigerait un libéralisme « équilibré ». Après avoir vidé les banques centrales d’une grande partie de leur pouvoir de régulation ( par ce qu’on appelle un marché « hors banque ») les grands thuriféraires des marchés (relayés à la télé par Cohen, Marseille, Touati) s’étonnent que les banques centrales ne volent pas assez au secours des perdants (malgré l’injection de milliards de dollars !). Quoique disent ces faux « amis qui vous veulent du bien, », il devient impératif de mettre en œuvre une régulation internationale concertée de la finance. Sinon un vendredi hyper noir menace dangereusement l’économie et, plus particulièrement le niveau de vie de vous et moi! Qu’on y songe !
Moins connu, le second constat, et nous retrouvons là notre « parabole religieuse », nous montre l’efficacité de l’islam. Les pays adeptes de cette religion ont en effet mis en place une charte islamique de la finance qui représente un référentiel prudentiel pour le secteur. Les taux, les montants, le permis (hallal), l’interdit (haràm), sont ainsi indiqués aux acteurs qui pratiquent la charia stricto ou largo sensu. La spéculation incluant un « risque illicite » (gharar) reste interdite. Ainsi, via la religion, les musulmans sont en train de créer un « espace financier sain » qui excède très largement les frontières moyen-orientales pour s’étendre au monde entier par l’intermédiaire de banques ayant pignon sur les grandes places (Islamic Bank of Britain, Dhubaï Islamic Bank, Kuwait Finance House, Bahrain Islamic Investment Company, American Finance House Lariba, … ). L'agence financière américaine Standard and Poor's a annoncé dernièrement le lancement de versions conformes à la charia de ses indices boursiers S&P 500, S&P Europe 350 et S&P Japon 500. L'indice S&P 500 est un des deux indices de référence du New York Stock Exchange, avec l'indice Dow Jones Industrial Average (DJIA).
Si, comme nous le disions ci-dessus, le système actuel dominant se casse la figure par laxisme de régulation, cet espace régulé sous prétexte divin, deviendra un recours vers lequel afflueront les capitaux flottants. Qu’on se le dise !
http://reboussie.hautetfort.com/archive/2007/08/23/dieu-la-finance-et-allah.html
11:53 Publié dans TRIBUNE LIBRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finance, indices, banques, religions
31/12/2008
bilan 2008
L'année noire des Bourses
en sept leçons
Personne n'échappe au marasme, ou presque. Qu'ils aient perdu un quart, la moitié ou les trois quarts de leur valeur, les principaux indices boursiers ont pratiquement tous été orientés à la baisse. La "palme" revient à la Bourse de Reykjavik, qui a perdu plus de 94% dans le sillage de la tourmente financière qui a frappé le pays. La seule à échapper à cette tendance est la Bourse de Tunis, qui a gagné plus de 10%.
Paris, bonnet d'âne des grandes Bourses. Sur l'année, le CAC 40 a perdu 42,68%: c'est plus que le Dax allemand (-40,37%), le FTSE britannique (-31,33%), le Nikkei japonais (-42,12%) et sans doute que le Dow Jones (-34,12% à la clôture mardi soir). Principales explications de ces écarts: la Bourse de Paris a connu un "décrochage" d'ensemble au moment de l'affaire Kerviel vis-à-vis des autres places, et les valeurs financières, à la peine, pèsent un cinquième du CAC 40, beaucoup plus que dans d'autres indices (6,5% pour le Dow Jones).
France Télécom et GDF Suez résistent. Quarante groupes, aucune hausse: le mouvement du baisse du CAC 40 a affecté toutes les actions qui le composent. Seules deux perdent au final moins de 20%: GDF Suez (-11,69%) et France Télécom (-18,93%). Deux valeurs dites "défensives", c'est-à-dire moins sensibles aux humeurs de la conjoncture. L'énergie et la pharmacie confirment d'ailleurs leur statut "défensif": les trois premières capitalisations du CAC 40, Total, Sanofi-Aventis et GDF Suez, représentent désormais le tiers de la capitalisation totale.
Les banques et l'automobile font grise mine. Sans surprise, ce sont deux valeurs automobiles et une valeur financière qui ferment la marche au sein du CAC 40: Peugeot perd 77%, Renault 81% et Dexia 81,5%. Les deux premiers ont fortement souffert du ralentissement du marché, alors que le troisième a dû être secouru en catastrophe par l'Etat. Leurs concurrents étrangers ne se portent pas beaucoup mieux: Citigroup, par exemple, a lâché 77%, alors que General Motors a perdu 85% et ne vaut plus que 2,3 milliards de dollars.
La Société Générale et BNP Paribas réunies. Au sein du secteur bancaire français, deux valeurs retiennent l'attention: la Société Générale et BNP Paribas. Victime de l'affaire Kerviel, la première a longtemps fait figure, avec Natixis et le Crédit Agricole, de vilain petit canard, et a perdu jusqu'à 70% de sa valeur sur l'année. La seconde est longtemps passée pour un parangon de stabilité, au point de ne perdre que 5% sur un an début octobre... avant d'être rattrapée par des pertes sur sa BFI et le difficile dossier Fortis. Verdict final: en douze mois, le titre BNP a perdu 59% et le titre Société Générale 61%...
Peu de valeurs gagnantes. Londres et Tokyo (dont les indices sont composés de beaucoup plus de valeurs, respectivement 100 et 225) exceptés, un actionnaire qui aurait investi le 1er janvier 2008 dans des actions faisant partie des grands indices mondiaux a probablement perdu de l'argent. Le CAC 40 n'a donc connu aucune hausse, alors que le Dax et le Dow Jones n'en ont vu que trois: le distributeur Wal-Mart (+18% environ), dont les ventes ont résisté dans un contexte sinistré; McDonald's (+6%), porté par ses "classiques" comme le Big Mac, et qui s'avoue plutôt optimiste sur son activité; Volkswagen (+60%), dont le titre a connu des flambées spéculatives sur fond de rachat par Porsche.
par Jean-Marie Pottier, journaliste à Challenges.fr, mercredi 31 décembre.
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la formation au développement durable
Développement durable : la formation dans la banque est insuffisante
16 octobre 2007
Un récent rapport sur la sensibilisation des salariés au développement durable montre que, sur ce terrain, les banques ont encore beaucoup à faire.
La place accordée par les entreprises du CAC 40 à la mobilisation des salariés dans la communication développement durable est encore largement limitée, rapporte l'étude réalisée conjointement par Novethic (1) et Des enjeux et des Hommes (2).
Seuls deux rapports développement durable 2006 – une communication rendue obligatoire par la loi NRE (nouvelles régulations économiques) de 2002 mais qui n'impose aucune obligation de résultats – accordent une place centrale à la formation des salariés (reporting dit « intégré »). Il s'agit de Total et St Micro Electronics. Pas de banque donc.
D'autre part, pour plus de la moitié du CAC 40, une telle action ne fait pas partie des objectifs affichés. Parmi les 5 groupes du secteur bancassurance présents dans le CAC 40, seuls deux se démarquent, Crédit Agricole et Société Générale, par un niveau de reporting dit « développé ». Les trois autres BNP Paribas, Dexia et Axa, eux, sont à la traîne avec un reporting dit « limité ». La dernière catégorie étant reporting « fragmentaire ».
Les financiers sensibilisés mais encore trop peu formés
« Les banques ne sont pas les derniers de la classe, ni les premiers. Bref, moyen dans l'ensemble ! Cependant, il faut garder en tête que le niveau de la classe n'est pas franchement remarquable… », résume Anne-Catherine Husson-Traoré, directrice de Novethic.
Leurs rapports présentent davantage d'actions de sensibilisation (communication interne, événements, débats, expositions, etc.) que d'actions de formation (e.learning, modules en salle, etc.). Ainsi, les « éco-gestes », type diffusion d'un livret pratique, sont particulièrement en vogue. En revanche, « quand il s'agit de développer des compétences et d'appliquer à toutes les lignes métiers la stratégie affichée par le top management, les bons élèves se font beaucoup plus rares, constate Anne-Catherine Husson-Traoré. Or ce secteur nécessite précisément une grande pédagogie tant l'implication environnementale des offres financières faites aux clients est complexe ».
Et quand les banques s'engagent dans cette voix, à l'instar de Dexia et Crédit Agricole faisant état de modules de formation à l'ISR (investissement socialement responsable) à destination de leurs salariés, les auteurs de l'étude parviennent mal à en saisir la réalité opérationnelle (nombre d'heures, nombre de salariés concernés, lieux…). Pourtant, on est sur ce terrain au cœur des enjeux clés sur lesquels le secteur bancassurance peut véritablement peser.
(1) Novethic : Filiale de la Caisse des Dépôts, Novethic est un centre de recherche, d'information et d'expertise sur l'investissement socialement responsable et la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.
(2) Des enjeux et des Hommes : Cabinet de formation et de conseil spécialisé dans la mobilisation des salariés pour le déploiement des politiques de développement durable dans les pratiques et comportements professionnels.
11:51 Publié dans 4-I.S.R | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : developpement durable, ethique, finance
