03/09/2009

SONDAGES

Bonjour chers internautes,

 

Vous trouverez dans le lien ci dessous un sondage d'un etudiant, si vous avez 3 minutes pour le remplir, cela permettrait ainsi d'ameliorer la qualité des resultats.

http://sd2.nouvellepage.com/~testnetls/index.php?sid=6656...

 

Nous vous remercions.

 

FINEQUITY

28/05/2009

Interview de Mr Hassoune

publié le 27 mai 2009 sur http://www.dubaifrance.com/spip.php?article3440


« Les banques françaises ont déjà considérablement étoffé leur offre financière islamique »


[#Face aux bouleversements financiers qui fragilisent les économies, la finance islamique s’impose en occident comme une alternative intéressante, encouragée par la forte croissance des pays du Golf. Anouar Hassoune, Vice Président Moody’s, analyse les opportunités de ces nouveaux instruments financiers.

Pourquoi la finance islamique connaît t-elle un véritable boom ?

La finance islamique reste un marché très intermédié, c’est-à-dire que ce marché demeure très largement dominé par les banques islamiques, à défaut d’une alternative crédible de financement par des marchés de capitaux suffisamment profonds, notamment en termes de dette et de fonds. Par conséquent, on explique le succès du marché financier islamique à l’aune de la formidable croissance des banques islamiques, notamment dans le golfe Persique et en Malaisie. La question devient alors : pourquoi les banques islamiques ont-elles connu une croissance aussi vertigineuse, +27% pour 2007 et +26% en 2008 ? Les banques islamiques ont découvert les mérites du financement des particuliers dans les années 90, très peu servi par les intermédiaires bancaires avant cette date. Au cours de cette décennie et de la suivante, le dynamisme démographique couplé à l’envolée des prix du pétrole ont nourri une surliquidité dont les banques islamiques ont su profiter. Bien enracinées dans le marché des particuliers riches en épargne, les banques islamiques ont recyclé une partie de la manne pétrolière déversée par les Etats exportateurs de brut sur leur propre population. En effet, les particuliers sont bien davantage sensibles à l’argument religieux avancé par ces institutions. Riches en dépôts, les banques islamiques ont ensuite cherché à déployer leurs fonds, d’abord sur leurs marchés nationaux, puis sur les marchés internationaux du financement et de l’investissement, dans une double dynamique de diversification opérationnelle et géographique. C’est aussi une question de perception : cela fait plus d’une décennie que les banques islamiques se développent plus rapidement que les banques conventionnelles dans certains pays musulmans ; mais aujourd’hui, le phénomène se caractérise par une acuité particulière pour plusieurs raisons :

o le modèle de finance islamique s’exporte bien ;
o le nombre d’institutions bancaires islamiques s’accroît rapidement, et les banques occidentales s’y intéressent ;
o les pays islamiques sont une des rares places financières qui ne fasse pas l’objet de tensions sur la liquidité
o c’est la première fois qu’argent et religion font aussi bon ménage
o les États qui ont vu naître la finance islamique la défendent de manière assez prosélyte Par conséquent, il fait sens pour des banques occidentales de s’intéresser au phénomène. Les opportunités de croissance dans le Golfe et en Asie musulmane, compte tenu des taux élevés d’augmentation de la richesse dans ces zones, sont nombreuses, à un moment où les marchés financiers de l’hémisphère Nord sont dans la tourmente. Une manière de se différencier stratégiquement dans ces nouveaux Eldorados est précisément de servir la clientèle locale d’une manière conforme à la Charia, puisque c’est à l’offre de s’adapter à la demande, aujourd’hui, et non l’inverse.

Quelle est la spécificité des produits bancaires islamiques ? A qui s’adresse t-ils ?

La finance islamique repose sur cinq principes cardinaux. Ces « cinq piliers de l’islam financier » contiennent 3 principes négatifs (-) et 2 principes positifs (+) :

o Principe n°1 (-) : pas de “riba” (intérêt, usure) ;
o Principe n°2 (-) : pas de “gharar” ni de “maysir” (incertitude, spéculation) ;
o Principe n°3 (-) : pas de “haram” (secteurs illicites) ;
o Principe n°4 (+) : obligation de partage des profits et des pertes ;
o Principe n°5 (+) : principe d’adossement à un actif tangible. De surcroît, un conseil de conformité à la Charia (formé de jurisconsultes musulmans reconnus) valide le caractère islamique d’un produit financier ou d’une transaction financière. La finance islamique moderne est un phénomène récent : guère plus de 30 années nous séparent de l’émergence des premières banques islamiques ; au tournant du millénaire, le marché des sukuk (prononcez « soukouk », c’est-à-dire les obligations islamiques) était virtuellement inexistant. Aujourd’hui, les estimations convergent : le marché financier islamique, qui regroupe les quelques 300 banques conformes à la Charia, les compagnies de « takaful » (ou assurance mutualiste islamique), et les fonds d’investissement respectueux des principes de l’islam financier, représente plus de 840 milliards de dollars à la fin de l’année 2008. Le seul marché des sukuk, avec ses 100 milliards de dollars, a déjà dépassé le PNB d’un pays comme le Maroc ! Un compartiment de la finance éthique, responsable et non-spéculative, la finance islamique s’adresse à tous, pas uniquement aux Musulmans. Ses principes, hérités des valeurs de l’Islam, ont une vocation universelle. La finance islamique est davantage complémentaire de la finance conventionnelle que directement substituable à cette dernière. Tout d’abord, la finance islamique ne saurait, au stade actuel de son développement, prétendre à se substituer à la finance conventionnelle. En effet, la finance islamique moderne n’a guère plus de trente années d’existence. Le total de ses actifs correspond à moins de 1% des actifs bancaires de la planète. A titre de comparaison, les actifs consolidés portés au bilan de la seule BNP Paribas représentent à eux seuls plus du double de la taille de la finance islamique dans son ensemble ! Certes la finance islamique connaît des taux de croissance impressionnants, mais cette industrie reste une niche au sein des marchés financiers globaux. Ensuite, les institutions financières islamiques ont encore besoin des services que peuvent leur rendre leurs consoeurs conventionnelles. En effet, au regard du principe d’interdiction de l’intérêt, la gestion de leur liquidité et de leurs risques, via des instruments dérivés en particulier, ne peut se faire de manière efficace qu’avec l’appui de banques conventionnelles partenaires. Un exemple intéressant en la matière est celui des compagnies d’assurance islamiques, dites compagnies de Takaful : ces dernières font appel à des services de réassurance ; mais comme les sociétés de re-Takaful sont encore faiblement développées, les compagnies de Takaful s’appuient sur des réassureurs conventionnels. Enfin, au sein des pays musulmans du golfe Persique nous estimons qu’un client sur cinq se dirige spontanément vers des services financiers islamiques ; ce qui veut dire que 80% des clients sont encore séduits par des produits de financement, de placement et d’investissement conventionnels. Cela s’explique par deux raisons : d’une part l’argument religieux ne fait pas mouche à tous les coups ; et d’autre part, la finance islamique n’a pas encore réussi à offrir une gamme de produits suffisamment vaste pour concurrencer de manière frontale l’offre conventionnelle. Cela dit, se prévaloir de son caractère islamique fournit à une institution financière un moyen de différenciation stratégique non négligeable, surtout auprès de la clientèle des particuliers. Il ne faut pas oublier que les clientèles dites « corporates », c’est-à-dire celles des entreprises valorisent finalement assez peu l’onction religieuse des produits : seuls les intéressent le prix et la qualité du service rendu.

Quelle est la situation de ce marché en France ?

La place de la France dans l’industrie financière islamique est encore à établir, mais l’Hexagone dispose déjà des facteurs clés de succès, à même d’en faire tant un marché d’avenir pour la finance islamique qu’un laboratoire d’idées et de pratiques innovantes en la matière. Cela dit, à ce stade, des paradoxes persistants empêchent encore de penser la finance islamique comme une opportunité davantage que comme une menace. L’industrie financière islamique est devenue un phénomène en voie de globalisation, avec ses quelque 700 milliards de dollars d’actifs ; cela dit, les grandes banques françaises, pourtant globales et bien enracinées dans l’univers musulman, n’en contrôlent qu’une part négligeable. La liquidité extraite des rentes pétrolières dans une vaste part du monde arabo-musulman est gigantesque ; pourtant, les entreprises françaises ne l’ont pas encore exploitée sous une forme conforme à la Charia. Enfin, les Musulmans de France constituent la plus grande communauté islamique du monde occidental ; pourtant, le système financier et bancaire français n’offre pas (encore), aujourd’hui, d’accès à une gamme de produits et services alternatifs conformes à ses principes religieux et qui, par extension, serait susceptible d’apporter à tous les Français une réponse dynamique et éthique à leurs besoins de financement et/ou d’investissement. Les banques françaises ont déjà considérablement étoffé leur offre financière islamique. Celle-ci se décline sous la forme de financements des particuliers et des entreprises, mais aussi sous celle, plus complexe, de structuration de projets. Les établissements financiers français disposent des compétences et de l’expérience nécessaires à la structuration des sukuk (les obligations islamiques) à l’intermédiation d’investissements islamiques, notamment immobiliers, et à la commercialisation de fonds conformes aux principes de l’islam financier. Quelques investissements islamiques ont été enregistrés, sur le territoire hexagonal, dans deux classes d’actifs, à savoir l’immobilier et le capital-investissement, sans que les montants en jeu soient connus de manière précise. Au cours des deux dernières années, de nombreuses avancées en matière d’institutionnalisation de la finance islamique en France ont été enregistrées :

o on ne compte plus le nombre de colloques, séminaires et conférences sur le sujet partout en France ;
o les règles juridiques et fiscales ont été amendées de telle sorte à mieux acclimater les transactions et institutions financières islamiques dans l’Hexagone ;
o quelques produits-tests ont été lancés, notamment en matière d’épargne ;
o Paris Europlace, le think tank du Ministère de l’Economie et des Finances, a créé une Commission Finance Islamique chargée de proposer des mesures à même de faire de la France une terre d’accueil à la finance islamique ;
o quelques institutions financières islamiques sont en passe de faire valoir leur droit à un agrément bancaire auprès de la Banque de France ;
o des sociétés de conseil spécialisées dans l’accompagnement de l’industrie financière islamique (comme Global Secure Finance par exemple) se sont créées et sont déjà très actives sur le territoire hexagonal ;
o des formations initiales et professionnelles en finance islamique existent déjà, notamment à Strasbourg ;
o la France compte déjà trois Conseil de Conformité (Shari’ah Board) ;
o une émission de sukuk français pourrait être enregistrée cette année ; et enfin
o un Institut Français de Finance Islamique devrait voir le jour dans les prochains mois. De toute évidence, en Europe aujourd’hui, la France fait figure de proue en matière d’enracinement de la finance islamique sur son territoire.

La finance islamique apporte t-elle des solutions dans le contexte de crise financière ?

En effet, la finance islamique souffre moins que le secteur conventionnel, pour une raison simple : la plupart des instruments financiers à l’origine de la crise actuelle, c’est-à-dire les créances hypothécaire de mauvaise qualité et leurs dérivés « repackagés » par les opérations de titrisation sont interdites en finance islamique… En effet, tous ces produits reposent sur le principe de l’intérêt, interdit en islam. Par conséquent, les banques islamiques ne portent à leur bilan aucune des classes d’actifs qui ont alimenté la crise dite des « subprimes ». Ensuite, les banques islamiques sévissent dans des zones géographiques (le Golfe et l’Asie musulmane) riches en liquidité (quoique pour des raisons différentes), et par conséquent ne souffrent pas du tarissement des liquidités dont ont souffre au Nord. Cela dit, les primes de risque se sont élargies partout, y compris dans les zones de financement islamique, et cela en raison de la perception d’une hausse généralisée du risque. Par conséquent, quand bien même le marché des émissions de sukuk est toujours dynamique, sa croissance est aujourd’hui bien moindre qu’elle ne l’aurait été sans les suprimes. La croissance des émissions de sukuk était exponentielle jusqu’en 2006, puis elle s’est un peu tassée au cours de 2007, une tendance qui se confirme en 2008. De nombreux émetteurs potentiels de sukuk ont tout simplement reporté leurs émissions, en prévisions de spreads plus attractifs dans les mois à venir. En un mot la finance islamique ne saurait être la panacée, la réponse à toutes les questions de fond que se pose l’industrie financière mondiale. En revanche, sans être la solution, elle constitue une alternative qui a fait la preuve de sa résilience, de sa capacité de croissance et de sa maturité. Elle rappelle simplement à la finance traditionnelle que les excès de l’innovation nominale et notionnelle, c’est-à-dire virtuelle, sont largement fallacieux, et qu’il est bon, souvent, de servir l’économie réelle, davantage que de se servir d’elle. La finance islamique a bien résisté à cette crise-là ; mais cela ne veut pas dire qu’elle soit immunisée contre toutes les crises. L’industrie financière islamique fait face à de nombreux risques, dont certains lui sont spécifiques. Le risque majeur réside dans la perception d’une insuffisance de conformité aux principes de la Charia par les banques en place ou les nouveaux entrants. En effet, on mesure la robustesse d’un système à l’aune de son maillon le plus faible. La concurrence entre banques islamiques commence à faire rage et les tentations peuvent être fortes d’une certaine complaisance par rapport à l’application des principes chariatiques, au risque de jeter l’opprobre à l’encontre du modèle dans son entier. Le second risque est celui d’une insuffisance de standardisation de la finance islamique. Il n’y aurait pas une finance islamique, mais des finances islamique, avec un risque certain d’atomisation, d’hétérogénéisation, et in fine de ghettoïsation des pratique de ce modèle alternatif. Il existe en effet une forme de concurrence normative entre les 4 écoles de pensées de l’islam : chafiite, hanbalite, malékite et hanafite, qui épousent bon an mal an la géographie de l’islam. On oppose traditionnellement le golfe Persique plus conservateur au Maghreb et à l’Asie plus libéraux. Le modèle de finance islamique qui tend à l’emporter est celui, plus rigide du Golfe, même si la Malaisie se défend bien. Mais à trop vouloir marquer ses différences, le risque de dispersion est prégnant, ce qui risque d’affaiblir l’offre.

Les pays du Golfe ont-ils vocation à devenir les nouvelles places fortes de la finance mondiale ?

Ils le sont déjà ! Le centre de gravité de l’économie-monde s’est depuis quelques années déjà déplacé vers l’est, avec l’émergence de nouveaux géants, dits BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). Les transactions financières aussi subissent une translation à l’est, et les pays du Golfe, riche de leurs réserves d’hydrocarbure, de leurs fonds souverains et de leur liquidité (malgré la crise mondiale), se positionnent en tant qu’investisseurs en dernier ressort, contribuant à stabiliser l’économie mondiale. Les fonds souverains notamment ont souvent joué le rôle de « Chevaliers Blancs », sauvant de la débâcle nombre d’institutions de l’hémisphère ouest. Cela dit, nous n’assistons pas à une révolution ; c’est davantage une évolution. Les centres financiers du Golfe sont encore trop jeunes, trop concentrés, trop exigus pour prendre à leur charge le financement d’une très large part des besoins mondiaux… mais ils y contribuent de manière plus flagrante, plus ordonnée et plus rigoureuse que par le passé. Les cartes sont rebattues, mais les règles du jeu sont identiques, et les atouts sont toujours entre les mains des grandes places financières de la planète, au premier rang desquelles Londres et New York, quand bien même ces dernières auraient perdu de leur lustre. Il faudra encore de nombreuses années avant que les capitales financières du Golfe relèvent les défis de la complexité, de la sophistication, de la taille, du capital humain et de la stabilité, toutes des conditions sine qua non à l’émergence de places financières authentiquement globales.

Anouar Hassoune, 33 ans, a rejoint Moody’s Investors Service en janvier 2008, où il assure la notation financière des banques du monde arabe et coordonne les efforts de Moody’s en matière de finance islamique, au sein d’un groupe d’une quinzaine d’analystes. Entre 2001 et 2008, Anouar était analyste auprès d’une autre agence de notation financière, Standard & Poor’s, où il a contribué à élargir la couverture en notation des émetteurs du Moyen-Orient et à approfondir les méthodes et techniques analytiques applicables aux institutions financières islamiques. Diplômé de l’école HEC, de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’Université de Paris 1, Anouar est aussi normalien et agrégé en sciences de gestion. Anouar est professeur vacataire à l’école HEC, où il enseigne l’analyse du risque-pays et anime diverses formations d’économie financière appliquée. #]#]

27/05/2009

LE MARCHE DU DETAIL ISLAMIQUE PAR EASY BOURSE

Jean-Paul Laramée
Directeur général de Secure Finance et spécialiste de la finance islamique
«Le marché de détail islamique en France s'éleverait à 3 milliards d’euros»

(Easybourse.com) Comment expliquez-vous que la finance islamique soit tant médiatisée aujourd’hui en France ?
Le président de la République Nicolas Sarkozy, au moment de son élection a clairement affiché sa volonté d’accroître la compétitivité de la place financière de Paris, notamment en développant sa capacité d’accueil de la finance islamique, en comblant le retard pris par rapport à Londres et en faisant ainsi de Paris la première « place financière islamique d’Europe».
La localisation de Paris dans la zone euro a vocation à renforcer significativement l‘attractivité de la capitale, eu égard à la liquidité provenant du Golfe, de la Malaisie, de l’Indonésie…

Ces éléments sont exacerbés par le fait que nous traversons une crise, que nous avons de plus en plus besoin en France d’investisseurs extérieurs notamment pour les PME et pour les collectivités locales qui ne reçoivent plus d’argent de Dexia, de la Caisse des dépôts, alors qu’elles ont par ailleurs des quantités de projets à financer.

Il est estimé un potentiel d’investissement provenant de la finance islamique de près de 10 milliards de dollars dans les entreprises françaises. Qu’en pensez-vous ?
C’est le chiffre consensuellement retenu.
Cela dépendra de plusieurs paramètres. Tout d’abord de la situation financière mondiale. Ensuite de la capacité de la place financière de Paris à développer les possibilités de création de sukuks.

Justement quel regard portez-vous sur les réformes juridiques entreprises dans le but de favoriser l’émission de sukuk en France ?
Le gouvernement français a choisi une voie quelque peu différente de celle qui avait été empruntée par Gordon Brown au Royaume Uni à l’époque.
Il a été décidé de ne pas mettre en place de cadre juridique pour spécifiquement faciliter la création de produits financiers islamiques. Ainsi s’agissant des sukuk, on a fait en sorte que ces instruments financiers puissent être émis à partir de la fiducie. En cela une réforme de la législation régissant ce mécanisme est envisagée.
La réforme n’est pas officiellement justifiée par le désir de faire croitre le marché de la finance islamique en France.
La modification de cette loi qui date de trois ans, qui n’a pas été beaucoup utilisée et qui est quelque peu rudimentaire est censée permettre la multiplication des possibilités de création de produits financiers issus de la fiducie.

Cette réforme constitue un dossier épineux ?
On n’a effectivement pas choisi la voie la plus facile. Mais cette réforme, au-delà du fait de favoriser la création de produits de finance islamique, a le mérite de développer en France la pratique de la fiducie qui jusqu’à présent était inexistante. Aussi cette solution ne me parait pas déraisonnable.
Un projet de loi qui serait spécifiquement destiné à la création de produits financiers islamique sous entendrait un débat difficile dont l’issue est incertaine. Il ferait incontestablement l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel. La Constitution française prévoit que tous les individus sont égaux devant la loi et qu’il n’est pas possible d’adopter une réglementation qui avantagerait tel ou tel groupe d’individus plutôt qu’un autre.

Pensez-vous que Paris peut aspirer à devenir la capitale de la finance islamique ?
Cela me semble plausible. Nous observons une multiplication des contacts avec les pays qui pratiquent la finance islamique au plus haut niveau de l’Etat.
A une époque où une banque islamique se crée tous les quinze jours en Afrique, il sera pratiquement impensable de travailler avec ce continent sur le plan financier et économique si on n’a pas les outils de finance islamique, et les gens compétents qui se spécialiseraient dans le domaine.

A ce propos, de quelle manière considérez-vous le fait qu’il y ait en France très peu de compétence dans le domaine ?
Si on veut ouvrir des guichets, faire de la recherche, être créatifs sur le plan des produits… il faut des gens compétents.
Il faut alors former ces gens. Les trois quart des personnes qui travaillent dans la finance islamique ont été formées à Londres, ou dans le Golfe.

Une offre professionnelle sera dispensée à travers l’Institut français de la finance islamique, dès octobre prochain. Il sera présidé par Hervé de Charette en sa double qualité d’ancien ministre des affaires étrangères et de président de la chambre de commerce franco-arabe. Les premières promotions sont prévues pour 2010.

Mais cela n’est pas suffisant.

De quelle manière percevez-vous le développement de l’offre des banques islamiques ?
Il y a dans notre pays six millions de musulmans. Un certain nombre d’associations, de personnalités militent depuis longtemps pour que l’on ouvre des banques islamiques de détail à l’instar de ce qui s’est fait au Royaume Uni.
En réalité, nous devrions dans un premier temps voir apparaître des banques islamiques dans le domaine de l’investissement, du financement corporate, et celui des collectivités locales (par exemple du grand Paris qui va couter 35 milliards d’euros sur 6 ou 7 ans)
Ces banques devraient opérer en association à hauteur de 20% avec les grandes banques de dépôt. C’est à travers les guichets de ces banques conventionnelles qu’ont vocation à être proposés des produits relativement basiques.

Il vous semble peu probable de voir s’établir des banques islamiques isolées. Pourquoi ?
Je vois mal comment la République française, laïque, pourrait accepter la création de banques destinées en particulier à une communauté. Cela semble politiquement difficile à mettre en œuvre.
Par ailleurs, à mon sens ce projet est quelque peu irréaliste dans la mesure où les meilleures études réalisées sur le sujet estiment l’importance de ce marché de détail islamique en France autour de trois milliards d’euros, ce qui représente relativement peu d’argent.

Il faudrait par ailleurs que tous les musulmans qui ont mis leur argent sous forme de dépôts auprès des institutions françaises « conventionnelles » retirent leur argent pour le transférer dans les banques islamiques.

Il faudrait enfin plusieurs guichets de ces banques islamiques dans le pays, au moins une centaine, des outils de back office performants, du personnel formé... autrement dit, des investissements considérables.
Ces investissements me semblent disproportionnés par rapport aux parts de marché susceptibles d’être acquises.

Comment appréhendez-vous la cherté des produits proposés ?
Par essence les produits de la finance islamique sont plus chers que les produits de la finance conventionnelle car ils sont plus complexes. D’autant plus qu’il y a très peu de gens qui savent faire cela.

Nous pouvons supposer le cout d’un prêt islamique à 6/7% lorsqu’un prêt conventionnel serait offert avec un taux d’intérêt de 4%.

Dans deux à trois, quand nous aurons des gens mieux formés, des fenêtres qui n’auront pas besoin de locaux particuliers, les coûts tendront à se rapprocher et les produits de la finance islamique seront alors compétitifs.

Propos recueillis par Imen Hazgui

25/04/2009

LE MAROC ET PARIS S'ORGANISENT !

La finance islamique :
Le Maroc et la Place de Paris s'organisent
Par Mokdadi Hamadi



En guise d'introduction, je souhaite aborder l'histoire du système financier dans les pays musulmans. En effet, dans l'islam, le commerce de l'argent est inconcevable, ainsi que le prêt, et à plus forte raison le prêt à intérêt assimilé à l'usure. Or, une économie est fondée sur les crédits et les opérations bancaires en général. Quand les Etats musulmans ont accédé à l'indépendance et qu'il leur a été nécessaire d'organiser leur économie, il leur a fallu créer des organismes financiers, des banques, etc. Ce sont les plus souvent les minorités non musulmanes qui s'en sont chargées. Cela présentera rapidement des inconvénients, les autochtones musulmans se trouvant à la tête des entreprises, du gouvernement, et ne disposant pas eux-mêmes du circuit de crédit. Le cas le plus significatif est celui du PAKISTAN.

En Egypte, on est parvenu à trouver la solution par la mise en place du groupe Miçr (organisation des finances nationales et de l'économie) contrôlé par des musulmans. C'étaient les premiers pas pour accéder graduellement au contrôle des entreprises financières égyptiennes. Dans les autres pays, il a bien fallu arriver à un compromis, qui permit d'organiser des systèmes de crédits sans attenter aux principes religieux.

Pour résoudre cet épineux problème, les banques dans les pays musulmans ont d'abord été des banques d'Etat, et par la suite les développements du système financier se sont succéder et sous différentes formes, fortement exercées dans l'ensemble des pays.

Lancée depuis les années 70 au moyen orient, la finance islamique représente aujourd'hui entre 500 et 800 milliards de dollars d'actifs gérés selon les principes de la Charia et a enregistré une croissance annuelle de 15% depuis les dix dernières années.

Cependant, son apport reste faible en Afrique malgré les 412 millions de musulmans qui constituent près de 50% de la population globale estimée à 850 millions d’habitants.

Selon un rapport publié le 26 mars 2008 par Moody"s Investors Services, le marché potentiel de la finance islamique sur le continent africain pourrait s'élever à près de 235 milliards de dollars US.

En filigrane, il est admis de ne pas douter que les institutions financières continueront d’adapter leurs produits, pour profiter de la liquidité actuellement présente dans les pays musulmans, au travers d'une niche spécialisée: "la finance islamique" qui a crû très rapidement, durant les trois dernières décennies, pour devenir une industrie mondiale portant sur plusieurs centaines de milliards de dollars qui présente une opportunité de financement pour les Etats souverains, qui souhaiteraient recourir au Sukuk, afin de financer leur économie.

C’est ainsi que beaucoup de pays, qui ont réussi à mettre à niveau leur situation financière ces dernières années, ont ré-exprimé des nouveaux besoins de liquidité auprès des investisseurs du Golfe et du sud-est asiatique, pour accompagner des investissements en infrastructures, et ce en émettant des obligations (sukuk en finance islamique).

Le cas du MAROC est intéressant, les banques marocaines proposent depuis mai 2007 des produits islamiques, qui permettent aux clients de mener des opérations dans le secteur de l'immobilier et des équipements par l'IJARA (assimilé au leasing), la MURABAHA pour financer les commerçants et el MOUCHARAKA pour le capital investissement. Les projections font émerger le secteur de l'immobilier qui sera certainement le plus dynamique, et ce en mettant en place des crédits immobiliers par le biais de l'IJARA qui permet à la banque d'acheter le bien et le louer à son client avec option d'achat à terme du contrat. La rémunération est incluse dans les prix et étalée sur toute la durée.

Sur d'autres continents et surtout en FRANCE, il est intéressant de présenter comment les banques européennes se sont organisées -ou s'organisent- pour développer les préceptes de cette finance et quel est l'intérêt affiché. En effet, les premiers produits financiers, en accord avec les principes islamiques, ont vu le jour en 2004 dans la zone Euro et plus précisément en Angleterre, qui a autorisé l'implantation des banques islamiques.

De son côté, active dans ce secteur depuis le début des années 80, BNP Paribas a été l'une des premières banques à opter pour développer la finance islamique. En 2003, BNP Paribas Najmah a été créée dans le Royaume de Bahreïn avec la mission de fournir des solutions islamiques dans le monde entier.

BNP Paribas a reçu le prix Euromoney de "Best Islamic Finance House". Cette nomination reconnaît son expertise dans les activités liées au: financement de projets à structure islamique, Corporate Finance et Corporate Banking. De plus, d'autres solutions créatives étaient développées : première Emission Obligataire Islamique (Sukuk), Dérivés Actions (Equity Derivatives), Titrisation (Asset Securitization), Dérivés de Crédit (Credit Derivatives) et Financement Structuré Islamique de type «Murabaha».

C'est désormais au tour de la SGAM AI, filiale de la Société Générale de proposer des investissements qui respectent la loi islamique.

De même, et depuis la création de son unité de banque islamique (IBU) à Bahreïn en 2004, le Crédit Agricole réalise des transactions spécifiquement islamiques, prévoyant de proposer des produits garantis sur les matières premières, respectant les règles du «murabaha» aux investisseurs institutionnels.

Et c'est seulement qu'à la suite du rapport ARTHUIS sur les fonds islamiques présente au Sénat français en octobre 2007 où il fait savoir "Qu'il y a là, à l'évidence, matière à réflexion, pour les acteurs européens continentaux et notamment français ...", et constate qu'il s'agit d'un marché à fort potentiel de développement. En effet, depuis le mois de février 2009, la finance islamique est désormais autorisée en France, grâce à une modification de la loi fiscale et l'amendement adopté par le sénat en date du 18/03/2009 qui a modifié le régime de la FIDUCIE. Cette nouvelle législation va permettre à la place de PARIS de développer l'émission des SUKUK (obligations) compte tenu d'une instruction fiscale sur la neutralité des opérations de MURABAHA (opération d'achat au comptant suivie d'une revente à terme) et sur la déductibilité de la rémunération versée au titre des SUKUK.

Il est même envisagé de créer un fonds souverain de 100 milliards d'euros, sur lequel MM. Jean-Michel Fourgous et Olivier Dassault, déclaraient lors d'une interview parue dans les colonnes du PARISIEN du 02/04/2009, que ce fonds est vital pour stimuler la croissance économique et investir dans des secteurs clés porteurs d'avenir. Ce fonds peut investir dans des sociétés performantes et d'avenir où le taux de rendement varie entre 7 à 10%, bien plus que les bons de trésor (2 à 3%).

Evoquant à l'occasion, que Edmund Phelps, Prix Nobel, a calculé qu'en remettant la culture économique des peuples à niveau, on pourrait gagner 3 à 4% de croissance.

Ils affirment qu'ils sont des partisans convaincus pour développer la finance islamique en FRANCE, qui pèsent 700 milliards de dollars dans le monde, surtout que la confiance devrait revenir ! Les actifs toxiques qui ne représentent que 1% (2.000 milliards) de la masse totale des actifs qui s'élève à 200.000 milliards, ne doivent pas handicaper ce retour fort espéré par tous les dirigeants politiques et économiques.

Par ailleurs et en préfaçant l'ouvrage "LA FINANCE ISLAMIQUE A LA FRANÇAISE : un moteur pour l'économie, une alternative éthique", qui est le résultat des recherches de 10 compétences reconnues pour faire, d'après les auteurs, de la place de Paris un lieu de l'innovation conceptuelle en matière de finance islamique, M. HERVE DE CHARETTE (député, ancien ministre français des Affaires étrangères et président de la chambre de commerce franco-arabe), explique les mérites de la finance islamique, et considère que la France accuse un retard dans ce domaine par rapport à la Grande-Bretagne, par exemple, et qu'il est d'intérêt stratégique d'en adopter les techniques, et ce pour 3 raisons, je cite :

- financer les efforts d'investissements surtout dans l'appareil productif et de recherche, clef de la croissance d'aujourd'hui et de demain ;

- renforcer la place de PARIS pour devenir une place financière dynamique et profonde pour offrir aux entreprises, grandes ou moyennes qui cherchent de s'agrandir, les moyens de leur développement et surtout pour nouer des relations privilégiés et investir les marchés moyen-orientaux ;

- meilleure prise en compte des besoins d'une partie de la population française, qui souhaitent disposer d'instruments financiers conformes à leur croyance religieuse et des convictions sociales.

Notons que la formation est à l'ordre du jour, c'est d’ailleurs l’Institut de la bourse britannique en partenariat avec l’Ecole supérieure des affaires libanaise qui a créé en octobre 2006 le premier diplôme mondial de finance islamique.

Aujourd'hui, l'université de Strasbourg assure la formation pour obtenir un diplôme en finance islamique, l'institut sup de Reims propose un cours et un institut est en cours de création. De même, des cycles de formation sont prévus partout en France à partir du deuxième semestre 2009.

 

http://www.webmanagercenter.com/management/article-74282-la-finance-islamique-le-maroc-et-la-place-de-paris-s-organisent

17/02/2009

L'ethique de la finance islamique

Philippe Chibani-Jacquot
Mis en ligne le : 30/01/2009
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L'éthique de la finance islamique
Mesures fiscales, opérations de communication, création de diplôme spécialisé... La France ouvre ses portes à la finance islamique. Les valeurs éthiques de ces instruments financiers qui respectent la loi coranique sont mis en avant pour valoriser une source d’investissement potentielle de 100 milliards d’euros en France d’ici 2020. Une aubaine alors que le système financier doit se refaire une crédibilité.
Une nouvelle forme de finance éthique ferait-elle son entrée en France en 2009 ? La finance islamique, implantée historiquement dans les pays du Golfe persique, présente en Grande-Bretagne depuis quatre ans, attire aujourd’hui les convoitises du marché financier français (cf. encadré). Elle représente 700 milliards de dollars et draine les fonds de musulmans désireux d’investir ou épargner dans le respect des préceptes de l’Islam. La finance islamique « se caractérise avant tout par une dimension éthique », expliquait Anouar Hassoune, vice-président de l’agence de notation Moodys, dans un rapport d’information de la commission des finances du Sénat (mai 2008). La Charia édicte cinq grands principes qui encadrent le rapport des musulmans à l’argent : prohibition de l’intérêt, de l’incertitude (aléa, terme du contrat) et du hasard (autrement dit la spéculation), obligation d’adosser tout placement à un actif réel, principe du partage des profits et pertes entre le prêteur et l’emprunteur.
Tout comme la doctrine catholique proscrivait l’intérêt (depuis 1830, distinction est faite entre usure et intérêt), l’Islam rejette le commerce de l’argent qui doit garder son rôle d’unité de valeur et de monnaie d’échange. Bien sûr, la rémunération d’un placement est envisagée d’une autre manière : « la finance islamique reste un business qui tient compte des potentialités de rentabilité.Elle vient se greffer à la finance conventionnelle avec un filtrage (interdiction de l’intérêt, de l’incertitude, du hasard...) qui tente de l’assainir », explique Ibrahim Cekici, co-responsable du tout nouveau diplôme en finance islamique de l’Ecole de management de Strasbourg.
La France veut accueillir la finance islamique.

Pouvoirs publics et les financiers ont accéléré le mouvement, fin 2008, pour séduire les investisseurs islamiques qui, jusque-là, n’avaient que Londres en Europe, pour investir. L’enjeu : attirer une part des importantes liquidités du Golfe persique mais aussi de pays comme la Malaisie sur le marché financier français. La finance islamique représente 700 milliards de dollars d’encours dans le monde aujourd’hui ; elle « pourrait dépasser les 1000 milliards de dollars à la fin de l’année », selon Ibrahim Cekici.

L’interdiction de l’intérêt prend son sens éthique lorsqu’il est associé aux principes de partage des pertes et profits (la rémunération est fonction du résultat économique du placement) et de connexion à un actif réel (le prêt ou l’investissement doit servir à créer de l’activité et de la richesse). Le rendement d’un placement n’est alors pas le fait du simple temps qui passe, mais correspond à la rémunération du service d’intermédiation bancaire associée à une activité économique réelle dont le risque est partagé entre le prêteur et l’emprunteur.
Cette connexion à l’économie réelle permet d’avancer, selon Ibrahim Cekici, que « la finance islamique n'a pas participé aux causes de la crise financière. Car le crédit à intérêt hypothécaire risqué est interdit et les produits dérivés (subprimes, titrisation de créance) sont entachés d'incertitude, l'actif sous-jacent étant un package de crédits revendus sur le marché. Or un principe de l'islam dit : on ne vend pas ce qu'on ne possède pas ».

Contrôle et audit

Tout comme dans la finance éthique chrétienne, des critères d’exclusion sont appliqués aux investissements islamiques. La liste est variable mais on y retrouve obligatoirement l’alcool, les armes, les jeux de hasard et la filière porcine.
Par ailleurs, la finance islamique organise le contrôle des produits dits « charia compatible ». Chaque banque islamique est dotée d’un conseil de la Charia composé de personnalités indépendantes (juristes, économistes spécialisés) qui rend des avis sur les produits mis sur le marché. Des audits internes et externes réguliers se chargent de valider le respect des principes islamiques. Dans le cas où une présomption de genèse d’intérêt est détectée, des dispositifs de « purification » sont organisés sous la forme de donation aux pauvres.
La finance islamique n’a attiré que quelques gouttes de l’océan des liquidités des pays du Golfe. Mais son taux de croissance observé de 15 % annuel engage les places financières européennes et notamment la France à faciliter la compatibilité des placements hexagonaux avec les règles de cette finance, qui a l’avantage de proposer des gardes-fous au système financier actuel.
Philippe Chibani-Jacquot
Mis en ligne le : 30/01/2009
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15/02/2009

PROGRAMME D'ACTIONS DE L'EUROPLACE POUR LA FINANCE ISLAMIQUE

La Commission Paris EUROPLACE 'Finance Islamique' présente son Programme d'actions 2009
Arnaud de BRESSON, Délégué Général, Paris EUROPLACE, et Gilles SAINT MARC, Avocat associé, Cabinet Gide Loyrette Nouel et Président de la Commission Paris EUROPLACE "Finance Islamique", ont fait le point sur les avancées réalisées en 2008 par la Place de Paris et les actions à entreprendre en 2009.


Il est important de rappeler que la Place de Paris a adopté, au cours des 6 derniers mois, des mesures qui lui permettent aujourd'hui d'être le " hub " de la finance islamique en Europe, et d'être au moins aussi compétitive, voire plus compétitive, que la place de Londres notamment en raison de l'accès qu'elle offre à la zone Euro. 3 mesures phares ont été adoptées en 2008 :
- Conditions de la cotation de sukuk sur Euronext - Paris (recommandation AMF du 2 juillet 2008) ;
- Neutralité fiscale des opérations de murabaha (opérations d'achat au comptant suivies d'une revente à terme), notamment au regard des droits d'enregistrement; en effet, le régime fiscal des marchands de biens est étendu à ces opérations et le double transfert de propriété ne donne pas lieu à double droits d'enregistrement (5.09% sur les biens immobiliers) (1ère fiche doctrinale publiée par l'administration fiscale le 18 décembre 2008) ;
- Déductibilité fiscale de la rémunération versée au titre des sukuk, obligations ou prêts indexés : compte tenu de l'indexation de la rémunération à la performance de l'actif sous-jacent ou au résultat de l'émetteur, on aurait pu craindre que cette rémunération ne soit assimilée fiscalement à du dividende non déductible; l'administration fiscale au contraire a affirmé le caractère déductible de cette rémunération pour l'émetteur et l'absence de retenue à la source pour l'investisseur non résident (2ème fiche doctrinale publiée par l'administration fiscale le 18 décembre 2008).
Ces 3 mesures complètent la recommandation de l'AMF de juillet 2007 qui autorise les OPCVM indiciels Shariah (c'est-à-dire investis dans un panier de valeurs considérées comme Shariah compliant en raison de leurs activités et leurs règles de gestion).
En matière d'actions à mettre en œuvre pour 2009, la Commission Paris EUROPLACE "Finance islamique" a défini 8 axes d'actions visant à poursuivre et approfondir le développement de la finance islamique en France :
1. Modifier le régime de la fiducie afin de permettre l'émission de sukuk en droit français ;
2. Etendre le régime du crédit-bail aux particuliers (aujourd'hui, il est limité aux professionnels) afin notamment de permettre aux particuliers d'acquérir leur résidence en crédit-bail (concept de l'ijara en finance islamique) ;
3. Expertiser les obstacles au développement en France de l'assurance takaful et réassurance retakaful ;
4. En collaboration avec Euronext, développer un compartiment spécial pour la cotation de sukuk et autres obligations indexées sur Euronext Paris ; créer un indice de valeurs Shariah à l'instar du DJ
(NY) ou du Footsee (à Londres) afin de permettre la création d'OPCVM investis dans des valeurs Shariah cotées sur Euronext Paris ;
5. Réfléchir sur la loi applicable aux contrats de finance islamique (loi de la Shariah) et de sa reconnaissance par les tribunaux français dans le cadre de l'exequatur d'une sentence arbitrale ;
6. Recenser, coordonner et développer l'effort de formation académique et professionnelle en finance islamique ;
7. Favoriser l'accueil des banques islamiques en France et informer sur les modalités d'agrément;
8. Mettre en œuvre sur le plan pratique les accords de coopération (Memorandum of Understanding - MOU) signés par Paris EUROPLACE (voir § C. ci-dessous).
Enfin, Arnaud de BRESSON indique que la mission de contacts organisée par Paris EUROPLACE dans les pays du Golfe du 17 au 22 janvier 2009, dans le cadre de la visite de M. Christian NOYER, Gouverneur de la Banque de France, a été l'occasion de :
- échanger sur le plan du savoir et de l'expérience ; à cet effet, Paris EUROPLACE a signé un MOU avec l'AAOIFI (Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions) basée à Bahrein, et qui édicte les normes juridiques, financières et comptables en matière de finance islamique : murabaha, mudaraba, musharaka, ijara, sukuk ; cet accord permettra à la Place de Paris d'avoir accès, à la source, aux normes de la finance islamique et à leur interprétation par ceux qui les ont élaborées.
Dans le prolongement de cette démarche, la Banque de France accueillera, le 4 mars à Paris, le 3ème forum de l'IFSB (Islamic Financial Services Board), l'organisme de supervision des banques islamiques dont le siège est à Kuala Lumpur (Malaysie) et dont le thème cette année sera centré sur la question de la liquidité des banques islamiques qui s'interdisent d'accéder au marché interbancaire en raison de la prohibition du riba.
- examiner avec les bourses de Doha (Qatar), Abu Dhabi et Dubaï les possibilités d'une double cotation (dual listing) sur ces bourses et sur Euronext Paris afin d'élargir la base des investisseurs aux OPCVM, compagnies d'assurance… qui ont des contraintes réglementaires leur imposant d'investir dans des titres cotés sur un marché réglementé de l'OCDE.
- présenter aux fonds souverains (QIA, ADIA,...) les opportunités d'investir dans des OPCVM indiciels Shariah investis dans des blue chip companies, mais également dans des PME innovantes (en particulier celles situées dans l'un des 70 pôles de compétitivité)
- évoquer l'intérêt des banques islamiques de développer leurs activités en France, notamment le projet de Qatar Islamic Bank d'ouvrir une filiale à Paris.

10/02/2009

CONFERENCE SUR LA CONJONCTION DE LA FINANCE ETHIQUE ET LA FINANCE ISLAMIQUE

Bonjour, FINEQUITY à l'honneur de vous annoncer la tenue de la conference sur la Finance éthique et finance islamique à

Ecole de Management de Strasbourg

Université de Strasbourg

11 février 2009


13h45 : Accueil des participants

Ø Mme Imbs préside les débats

14h00 : Présentation de la journée et du DU de Développement durable

Mme Pia Imbs – Maître de conférences en science de gestion, Ecole de Management de Strasbourg

14h20 : Le développement durable dans l’ISR et l’investissement islamique

Mlle Elisabeth Sécher-Loubet – Doctorante, Centre du Droit de l’Entreprise, Université de Strasbourg

14h30 : Méthodes de construction d’un produit financier éthique ou islamique

* Filtrage ISR

M. Samer Hobeika – Chargé d’études ISR, Novethic

* Filtrage islamique

M. Ibrahim Cekici – Enseignant-chercheur, Co-responsable du DU de Finance islamique, Ecole de Management de Strasbourg, Université de Strasbourg

* Notation

M. Mohamed Damak – Analyste Crédit, Standard & Poors

15h30 : Questions

Pause

Ø M. le professeur Weill préside les débats

16h00 : Sukuks : la nature éthique des actifs sous-jacents

M. Anouar Hassoune – Vice Président, Senior Credit Officer, Moody’s

16h20 : Conséquences du non-respect des critères éthiques : aspects juridiques

Mlle Elisabeth Sécher-Loubet – Doctorante, Centre du Droit de l’Entreprise, Université de Strasbourg

16h40 : Table ronde

Conjonction de la finance éthique et de la finance islamique

M. Kader Merbouh – Consultant en banque d'investissement, Président de l'association Finequity "Pour des finances équitables, éthiques et solidaires"

M. Mallé Siby – Analyste Risques Marchés, Membre de l'association Finequity "Pour des finances équitables, éthiques et solidaires"

Mlle Nadia Dhaoidi – Responsable développement, J’Epargne Utile

06/02/2009

LA FINANCE ISLAMIQUE EN FRANCE POUR SEPTEMBRE 2009

La finance islamique arrivera en France en septembre

Le paysage bancaire français va connaître un changement important à la rentrée avec l’arrivée des produits financiers conforme aux principes d’un islam éthique.

Fragilisés par les scandales financiers à répétition, on peut s’attendre à un véritable engouement pour les banques des Émirats qui ont acquis une solide réputation internationale. Les six millions de musulmans vivant en France constituent un marché prometteur pour la finance islamique. En retard sur l’Angleterre, les banques françaises redoutent l’échéance pourtant inéluctable. Les banques du Golf vont séduire une clientèle très attachée aux valeurs universelles de l’islam. Les investisseurs du Qatar et du Bahreïn devraient déposer une demande d’agrément ce mois-ci, pour démarrer en septembre. La banque islamique du Qatar devrait déposer un projet pour 2010 ainsi qu’une succursale anglaise. Selon les déclarations de Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace, à l’Agefi, les financements des Emirats seraient destinés à projets destinés collectivités locales. Ces fonds seront les bienvenus pour combler les dettes publiques des structures territoriales. Mais surtout les PME bénéficieront d’un soutien financier nécessaire dans le contexte de ralentissement économique. Paris Europlace, qui regroupe quelque 150 institutions, a pour mission de promouvoir la place financière de Paris. Paris Europlace avait signé à Dubaï un accord de coopération en janvier dernier, le tout premier dans la région du Golfe, avec le "Dubai International Financial Center" (DIFC), la place financière de cet émirat. L’association participe au travail législatif qui permettra l’entrée de la finance islamique en France. Il s’agit d’adapter le droit français aux Sukuks(produits obligataires). La France en cette période de crise a besoin des ressources financières des États du Golf.

05/02/2009

Les banques islamiques et la crise des subprimes

L’insolente santé financière du Golfe en défaut Version imprimable
04-02-2009

Le mois qui vient de s’écouler a apporté des éléments de réponse sur l’état réel de la santé financière des institutions financières du Golfe.
Dubai

Pour certains acteurs aux métiers diversifiés comme, Gulf Finance House, l'année 2008 se termine avec des résultats nettement en recul. L’institution basée à Bahreïn a ainsi réalisé un bénéfice de 291 millions de dollars, en baisse relative par rapport au résultat de 2007. Sur le dernier trimestre 2008, Gulf Finance House a perdu 10 millions de dollars, selon un communiqué.

Un océan d’incertitudes

Cependant, GFH fait presque figure d’un ilot de prospérité au milieu d’un océan d’incertitudes et de pertes. Parmi les exemples les plus saillants, la Kuwait Finance House, première banque islamique du Koweït, fait état de 221 millions de dollars de pertes. Quant à Global Investment House KSCC, elle est en train de signer la première cessation de paiement des banques de la région. Des cabinets auraient été mandatés pour négocier avec les créanciers. L’établissement a besoin de 1 milliard de dollars pour refinancer sa dette internationale. De son côté, Gulf Bank KSC, deuxième institution du pays par le total au bilan, serait aussi sur une perte de 1 milliard d’euros à cause d'opérations de trading risquées.

Perte de confiance

Signe de la perte de confiance chez les investisseurs, les 7 places boursières de la région (549 milliards de dollars en capitalisation boursière) ont perdu 51 milliards de dollars durant le seul mois de janvier. Les gouvernements du Golfe qui font état de 2 500 milliards de dollars de réduction de leurs actifs financiers de par le monde, réagissent à la donne en soutenant le secteur immobilier en général (et la forte exposition des bancaires) ou comme dans le cas du Koweït, en lançant un programme financé à plusieurs milliards de dollars pour soutenir les institutions incapables d’honorer leurs dettes. Epargné encore il y a six mois, le système financier du Golfe semble payer le prix du retournement de tendance du marché pétrolier et, relativement, de son exposition à l’immobilier.

A.W

04/02/2009

CONFERENCE SUR LA FINANCE ETHIQUE ET LA FINANCE ISLAMIQUE

Bonjour à tous ,

FINEQUITY à l'honneur de participer au seminaire organisé par l 'Ecole de Management de Strasbourg le Mercredi 11 Février 2009.

FINEQUITY interviendra sur la table ronde accompagné de Mr BEDDY OULD EBNOU membre d'honneur de notre association sur la table ronde intitulé la conjonction de la finance islamique avec la finance ethique.

Vous trouverez sous peu nos supports de conferences que nous mettrons en ligne pour ceux qui ne peuvent se deplacer.

 

Et pour ceux que le sujet interesse sur l'ISR  ....FINEQUITY vous annonce la tenue prochaine le 22 FEVRIER 2008 de la conference bimestrielle FINEQUITY "les finances ethiques equitables et solidaires "intitulé :

Peut on considerer la finance islamique comme une finance ISR, et considerer l'ISR shariah compatible?

Vous trouverez sous peu sur notre site et celui de nos partenaires le programme de cette conference....

 

Finance éthique et finance islamique
Ecole de Management de Strasbourg
Université de Strasbourg
11 février 2009


13h45 : Accueil des participants

 Mme IMBS préside les débats

14h00 : Présentation de la journée et du DU de Développement durable
Mme Pia IMBS – Maître de conférences en science de gestion, Ecole de Management de Strasbourg

14h20 : Le développement durable dans l’ISR et l’investissement islamique
Mlle Elisabeth SECHER-LOUBET – Doctorante, Centre du Droit de l’Entreprise, Université de Strasbourg

14h30 : Méthodes de construction d’un produit financier éthique ou islamique
• Filtrage ISR
M. Samer Hobeika – Chargé d’études ISR, Novethic
• Filtrage islamique
M. Ibrahim CEKICI – Enseignant-chercheur, Co-responsable du DU de Finance islamique, Ecole de Management de Strasbourg, Université de Strasbourg
• Notation
M. Mohamed DAMAK – Analyste Crédit, Standard & Poors

15h30 : Questions

Pause

 M. le professeur WEILL préside les débats

16h00 : Sukuks : la nature éthique des actifs sous-jacents
M. Anouar HASSOUNE – Vice Président, Senior Credit Officer, Moody’s

16h20 : Conséquences du non-respect des critères éthiques : aspects juridiques
Mlle Elisabeth SECHER-LOUBET – Doctorante, Centre du Droit de l’Entreprise, Université de Strasbourg

16h40 : Table ronde
Conjonction de la finance éthique et de la finance islamique
M. Kader MERBOUH – Consultant en banque d'investissement, Président de l'association Finequity "Pour des finances équitables, éthiques et solidaires"
M. Mallé SIBY – Analyste Risques Marchés, Membre de l'association Finequity "Pour des finances équitables, éthiques et solidaires"
Mlle Nadia DHAOIDI – Responsable développement, J’Epargne Utile