01/04/2009
M. Attali : « la micro finance islamique a un fort potentiel mais à condition..
u cours de la conférence de presse intitulée « crise financière et contribution de la microfinance », présentée M. M.Jacques Attali, président de l'association Planet Finance a déclaré la La création d'un organisme financier international spécialisé dans la microfinance.
Cette conférence s’inscrit dans le cadre du programme des conférenciers éminents pour l’examen du développement de l’Afrique. En effet, la création de cet organisme pourrait être examinée pour assurer la sécurité financière internationale.
M. Attali a précisé que les interventions de Planet finance sont en constante évolution et que celle-ci oeuvre avec 70 pays et est présente dans 40 autres. Ses activités, a-t-il dit, portent notamment sur le conseil et l'amélioration des produits de la microfinance.
Dans ce cadre, M. Attali a affirmé que les produits de micro finance islamiques adaptés à la Chariaa ont un fort potentiel de développement "à condition d'être ouverts à tous".
Il a souligné que les institutions à but non lucratif ne peuvent être des paravents aux institutions commerciales sauf si cela peut aider à la lutte contre la pauvreté grâce au développement de produits communs, ajoutant que face à la globalisation des règles communes (environnementales, sociétales...) sont indispensables.
16:57 Publié dans 3-MICRO-CREDIT | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : micro finance islamique; imf islamique, chariah
09/02/2009
GRAAMEN A NEW YORK
A New York, le Nobel de la paix, Muhammad Yunus, porte la bonne parole et ouvre une succursale de sa banque
NEW YORK
La salle est comble, ce 27 janvier, à l'université Columbia de New York. Le Prix Nobel Muhammad Yunus y présente son ouvrage Créer un monde sans pauvreté. L'audience se partage en deux : des fans altermondialistes américains et des étudiants en business management, un peu étonnés d'être là. Par les temps qui courent, les vieilles recettes ont du plomb dans l'aile.
19:52 Publié dans 3-MICRO-CREDIT | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : micro credit
13/01/2009
BABYLOAN
Je tiens a remercier Thomas pour son lien. Et je tiens a le feliciter de sa note que nous publions ci dessous.
mercredi, 07 janvier 2009
Le micro crédit de Babyloan
Le 12 décembre dernier, les membres du site Babyloan proposaient une rencontre ouverte aux intéressés par le micro crédit. Céline et moi sommes allés à leur rencontre à l’Alter Mundi, bar sympa du XIème arrondissement.
Babyloan, qu’est ce que c’est ?
Un site français de micro crédit ouvert en septembre 2008 par Aurélie Duthoit et Arnaud Poissonier, tous deux anciens salariés d’Oxus, une filiale de l’ONG Acted (Agency for Technical Cooperation and Development) spécialisée dans la micro finance. Concernant la différence entre micro crédit et micro finance, nous reviendrons dessus dans une prochaine note.
A ce jour, la société Babyloan compte 5 salariés, 2 stagiaires et la communauté de 1946 Babyloaniens a engagé 88 085 € de prêts en 5 mois.
Initié il y a un an, ce projet se traduit par son site www.babyloan.org où on peut parcourir une liste de 35 projets localisés au Bénin, au Cambodge et au Tadjikistan. Ce nombre évolue et des projets menés au Ghana, au Maroc, en Equateur et à Madagascar seront proposés en 2009.
Chaque projet est présenté avec le nom de l’entrepreneur, sa photo, une description de son projet, le prêt requis et sa durée. Le prêt est accordé à l’entrepreneur une fois que l’intégralité de la somme a été réunie. En bas à gauche, la communauté des prêteurs est également identifiée.
En bas à droite, figure la mention d’un partenaire local. Finadev, dans le cas de Joséphine Adjikpe. Finadev est une Institution de Micro Finance, partenaire local de Babyloan.

Bayloan, interlocuteur des prêteurs ; les instituts de micro finance, interlocuteurs des emprunteurs
A ce jour Babyloan travaille dans 3 pays en relation avec 3 instituts de micro finance (IMF), implantés sur le terrain à proximité des entrepreneurs. La fonction de ces IMF est d’identifier, d’évaluer et d’entretenir la relation directe avec les bénéficiaires des prêts.
"Nous travaillons en partenariat avec trois institutions de micro finances (IMF), le réseau Oxus de l’ONG Acted (Agency for Technical Cooperation and Development), Horus et Entrepreneurs du monde qui acceptent et choisissent les bénéficiaires sur le terrain" explique Arnaud Poissonnier.
Comment ça marche ?
L’internaute peut prêter une somme à un entrepreneur qu’il choisit. Ce prêt n’est pas rémunéré par un taux d’intérêt, et le remboursement à lieu une fois le remboursement effectué du côté de l’emprunteur. Ce sont les institutions de micro finance qui garantissent le remboursement du prêt et supportent le risque financier de l’entrepreneur. De l’autre côté de la chaîne, l’emprunteur paye un taux d’intérêt, qui varie en fonction des IMF. Babyloan plafonne le volume de prêt à 2000 € maximum. A ce jour chaque babyloanien prête en moyenne 50 €.
Le modèle économique de Babyloan
Babyloan prélève à l’internaute une commission de 1€ par tranche de 100€ prêtés. Cette commission sert à couvrir les frais d’acheminement de l’argent jusqu’à l’entrepreneur.
Par ailleurs, Babyloan facture le service d’accès à la plateforme aux institutions de micro finance, qui bénéficient ainsi d’une ressource gratuite d’argent auprès des babyloaniens solidaires. Babyloan n’est pas une association mais un social business – A ce titre, sa mission sociale est forte et omniprésente mais Babyloan a la « contrainte » économique d’atteindre à terme l’équilibre et doit alors chercher des moyens de se financer et couvrir les coûts du développement du site.
L’avenir de Babyloan
L’avenir de ce nouvel acteur se joue également autour d’un enjeu pédagogique sur la micro finance, ses principes et son fonctionnement pour une meilleure compréhension du grand public prêteur.
A mon sens, cet enjeu passe également par une mise en valeur de la parole de ceux qui recourent au microcrédit ainsi que de la visibilité des résultats des activités sur le terrain : rapports d’études, statistiques, témoignages…
Le développement de babyloan passe aussi par de la pédagogie autour de son modèle de « social business » qui ne fait pas de la rentabilité une finalité pour rétribuer ses actionnaires mais plutôt une condition de la pérennité de ses activités. Obligé de se constituer en SARL compte tenu de son activité bancaire, Babyloan ressemble plus à une association qu’à une société anonyme, mais il faudra en faire la démonstration.
Complément vidéo
Aurélie, que nous remercions au passage pour ses explications, a développé quelques thèmes que nous lui avons proposés :
Présentation d’Aurélie, de son parcours – 2 min
09:05 Publié dans 3-MICRO-CREDIT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : micro credit, micro finance, taux d'interet
09/01/2009
MOHAMMED YUNUS Le Prêteur d´espoir
«L´égoïsme tranquille des libéraux est certes un moindre mal si on le compare à la volonté de puissance déchaînée des fanatiques du Bien. Mais une société égalitaire, solidaire et amicale, qui inviterait les hommes à donner le meilleur d´eux-mêmes, me paraît toujours moralement supérieure et infiniment plus désirable.» Mohammed Yunus, prix Nobel de la Paix
Vers un nouveau capitalisme. C´est le titre du dernier livre de Muhammad Yunus, l´inventeur du micro-crédit et prix Nobel de la Paix 2006.(1) Il y aurait beaucoup à dire sur cet ouvrage riche et foisonnant, qui est à la fois un plaidoyer ambitieux et convaincant pour le développement des "social business", mais aussi une sorte de point d´étape d´une aventure collective exceptionnelle. "Vers un nouveau capitalisme".(2)
Bref flash-back sur la carrière de Mohammed Yunus. Né en 1940, ce fils de bijoutier a inventé un nouveau système économique. C´est un révolutionnaire...homéopathique qui picore dans le système (le capitalisme, le logiciel omnipotent de l´économie) pour tenter d´y trouver des remèdes (une nouvelle donne sociale). Une sorte de passeur et de dynamiteur. Passeur, il a fait comprendre qu´être pauvre n´était pas incompatible avec le fait de savoir gérer de l´argent. Dynamiteur, il accepte que le développement passe par la loi du marché. Mohammed Yunus a un mot pour se définir: "Le prêteur d´espoir".(3)
Diplôme en poche, il crée une entreprise pour ses parents, dégote une bourse et s´envole aux Etats-Unis pour passer un diplôme de troisième cycle. De 1965 à 1969, il y apprend l´économie du développement. Et devient professeur à l´université du Tennessee en 1970. Un événement va changer sa trajectoire. En 1971, le Pakistan oriental fait sécession et devient le Bangladesh. Mais la famine tue près de 1,5 million de personnes. Il dit: "Toutes les belles théories que j´enseignais, les mérites du crédit, les vertus de l´économie de marché, la force de la libre entreprise, ont littéralement volé en éclats par ce que j´ai vu." "Des squelettes vivants." La misère. La désolation. La mort. Yunus part alors "sur le terrain". A Jobra, un petit village. Là, il découvre que les femmes sont victimes d´un cercle vicieux: "Jugées insolvables, elles empruntent au jour le jour aux usuriers, qui prêtent des sommes dérisoires à des taux d´intérêt démesurés et qui tiennent les pauvres."
«Remboursez quand vous pourrez»
L´homme a ouvert une brèche dans ce qu´il appelle "l´apartheid bancaire", a commencé en n´ayant "pas la moindre idée du métier de banquier". En 1976, Yunus décide de prêter 27 dollars à 42 femmes parmi les plus pauvres. "Pour vivre, développer un projet, acheter des outils pour faire de la cordonnerie." Pourquoi? "Parce que le simple fait qu´elles soient vivantes était la preuve de leur formidable capacité de survie." Il leur assure: "Je vous les prête, avec intérêt, et vous me les rembourserez quand vous pourrez. Mais vous êtes collectivement responsables de chacune d´entre vous." Il a débloqué près de 6 milliards de dollars de microfinances et aidé plus de 6 millions de personnes; le voici déjà passé à la postérité comme "banquier des pauvres " "La pauvreté n´a rien à voir avec une société humaine civilisée; elle est à ranger au musée." L´évidence ne s´impose visiblement pas, et le musée de la pauvreté, à ciel ouvert, ne s´est jamais aussi bien porté...
Avec des étudiants, il étend son programme dans des villages voisins, puis crée, en 1983, sa propre banque: la Grameen Bank. Grameen? "Village" ou "rural", en bengali. Aujourd´hui, elle est détenue à 90% par ses emprunteurs, et 10% reviennent au gouvernement. Ses prêts sont remboursés à plus de 98%, et 97% des emprunteurs sont des femmes ("Elles sont plus responsables que les hommes; et leurs revenus profitent à toute la famille", dit Yunus). La Grameen Bank travaille pour plus de 50 000 villages, et son concept a essaimé dans une centaine de pays. Pour lui, l´assistanat est à éliminer: "Le système de protection sociale a fini par enfermer les gens dans un zoo humain, votre système d´assistance a fini par institutionnaliser un système de charité", confiait-il à Libération en 2000. "Si vous enfermez des oiseaux dans une cage, vous prenez un risque. Le jour où vous décidez d´ouvrir les portes de cette prison, il n´est pas certain qu´ils s´envolent." Pour Jacques Attali: "Yunus bouleverse les frontières traditionnelles: lutter depuis trente ans contre la pauvreté est radicalement de gauche; faire rentrer ces pauvres dans l´économie de marché est radicalement de droite."
M.Yunus est un ardent défenseur du capitalisme et du marché: il y voit une source de dynamisme, d´efficacité, de liberté, de créativité, d´innovation pouvant permettre aux pauvres de se réapproprier leur destin et de développer leur niveau de vie et celui de leurs familles. Mais il est en même temps très lucide sur les conséquences sociales et écologiques du système économique actuel: aggravation des inégalités, périls écologiques, exclusion sociale au Sud comme au Nord,...Il se prononce donc assez classiquement pour un libéralisme régulé, mais il formule aussi une critique très intéressante de la logique actuelle de fonctionnement du capitalisme Dans son dernier ouvrage, il écrit: "Le capitalisme a une vue étroite de la nature humaine: il suppose que les hommes sont des êtres unidimensionnels qui recherchent exclusivement la maximisation du profit. (...) La théorie du libre marché souffre d´une défaillance de conceptualisation, d´une incapacité à saisir l´essence même de l´humain.(...)"
"Notre théorie économique, poursuit-il, a créé un monde unidimensionnel peuplé par ceux qui se consacrent au jeu de la concurrence et pour qui la victoire ne se mesure qu´à l´aune du profit...Et le monde d´aujourd´hui est si fasciné par le succès du capitalisme qu´il n´ose pas mettre en doute le système sous-jacent à la théorie économique. La réalité est néanmoins très différente de la théorie. Les individus ne sont pas des entités unidimensionnelles; ils sont passionnément multidimensionnels. Leurs émotions, leurs croyances, leurs priorités, leurs motifs peuvent être comparés aux millions de nuances que sont susceptibles de produire les trois couleurs primaires. (...) Le succès de la Grameen Bank s´est appuyé sur la volonté de reconnaître et d´honorer les motivations dépassant le cadre économique. Les être humains ne sont pas simplement des travailleurs, des consommateurs, ou même des entrepreneurs. Ce sont aussi des parents, des enfants, des amis, des voisins et des citoyens. Ils s´inquiètent pour leur famille. Ils se soucient de leur communauté. Ils se préoccupent beaucoup de leur réputation et de leurs relations avec les autres. Pour les banquiers classiques, ces questions humaines n´existent pas. Mais elles sont au coeur de ce qu´entreprend la Grameen Bank."
La vision de Yunus de la pauvreté est aussi logiquement multidimensionnelle et ne se limite pas à une vision strictement économique. Pour définir la pauvreté, la Grameen Bank (GB) a établi une liste de 12 critères qui portent sur le niveau de revenu mais aussi sur les conditions de logement, d´alimentation, d´éducation ou de santé. Il va plus loin que les indicateurs en vigueur au Pnud (le PIB. Et l´IDH proposé par un autre prix Nobel indien, Amartya Sen). Encore que depuis quelque temps, on parle aussi du "Bonheur Intérieur Brut" qui rejoint, d´une certaine façon, l´autre dimension revendiquée par Mohammed Yunus. Ainsi, pour Yunus, le capitalisme tel qu´il fonctionne aujourd´hui ne sait absolument pas répondre aux problèmes sociaux et écologiques actuels. Il propose d´utiliser les vertus du marché (efficacité, dynamisme, innovation, développement...) pour l´appliquer à la résolution des problèmes sociaux et écologiques persistants. C´est ce qu´il appelle les "social business".
M.Yunus définit les "social business" (SB) comme des entreprises ayant des objectifs sociaux ou écologiques. Il en distingue deux types: celles qui appartiennent à des investisseurs ou propriétaires, mais à qui elles ne reversent rien au-delà du remboursement de leur mise initiale (pas de dividendes). Les profits sont réinvestis dans le projet. Les investisseurs sont donc ici motivés par l´impact social, non par la maximisation du profit. C´est le cas par exemple de Grameen Danone, joint-venture monté entre les deux entreprises pour " réduire la pauvreté grâce à un modèle économique de proximité permettant d´apporter quotidiennement des éléments nutritifs aux pauvres ". Celles qui appartiennent aux pauvres, à qui elles s´adressent. Le bénéfice social vient ici du mode d´appartenance. Les dividendes peuvent être versés aux propriétaires (les pauvres). La GB en est un exemple. Dans le livre, M.Yunus retrace aussi l´incroyable histoire de cette entreprise, née il y a près de trente ans dans le village de Jobra et à l´origine du " micro-crédit " qui touche, aujourd´hui, plus de 100 millions de personnes dans le monde. A partir de l´expérience de la GB, Yunus et ses équipes ont lancé plus de vingt nouvelles SB (dont certaines sont décrites dans le livre), dans des domaines très variés: élevage de poissons et de bétail, agriculture, alimentation, santé, éducation, textile, énergies renouvelables, finance, high-tech, télécom, Internet...avec à chaque fois un impact social significatif.
M.Yunus appelle également de ses voeux la création d´un véritable écosystème économique des SB: avec un " Social Wall Street Journal ", un " Dow Jones Social ", une Bourse sociale, des fonds d´investissement et autres outils de financements dédiés; des comptabilités, indicateurs, évaluations, contrôles, certifications spécifiques...Bref, tout ce que l´on trouve dans le business "classique", à la différence majeure que la mesure de la réussite n´est pas la maximisation du profit mais celle du bénéfice social.
Il dresse un véritable réquisitoire contre la maximisation du profit: " Les entreprises des pays développés maximisent leurs profits, les ressources sont gaspillées, l´environnement est pillé et les générations futures doivent s´attendre à un avenir morose.
A mesure que la philosophie capitaliste se répand, les nations en développement connaissent une croissance de leurs propres classes d´hommes d´affaires qui s´emploient à maximiser leurs profits, tout comme le font leurs modèles d´Amérique du Nord et d´Europe. Il en résulte que des centaines de milliers de personnes sont malades et meurent prématurément à cause de la pollution, et que le problème du changement climatique s´approche rapidement du point de non-retour. (...) Lorsque le profit est la seule priorité, nous oublions l´environnement, la santé publique et la soutenabilité de la croissance. Une seule question nous semble légitime: comment acheter et vendre plus de biens et comment réaliser un taux de profit supérieur à celui de l´année dernière? Que ces biens soient vraiment nécessaires et bénéfiques aux individus est considéré comme hors de propos."
Ce qui est admirable chez Yunus, c´est son inclinaison constante, et même son obsession, à toujours chercher à révéler et exprimer le meilleur des gens, qu´ils soient pauvres, riches, grandes entreprises, pouvoirs publics, banquiers...et qui plus est, à l´exprimer de manière concrète, dans l´action, dans l´initiative, dans la création. M.Yunus croit en l´Homme et le prouve " L´un des traits les plus solidement ancrés chez les êtres humains consiste à vouloir faire du bien à d´autres gens. C´est un aspect de la nature humaine que le monde des affaires ignore complètement. Le social-business satisfait cette aspiration: c´est ce que les gens trouvent enthousiasmant ". Ce regard humaniste est particulièrement affirmé quand il est porté sur les pauvres: " Je vois les pauvres comme des bonsaïs. Quand on plante les meilleures semences du plus grand des arbres dans un pot de quinze centimètres de profondeur, on obtient une réplique parfaite de cet arbre - mais elle n´est haute que de quelques centimètres. Il n´y a rien de mauvais dans les semences: c´est le sol dans lequel elles ont été plantées qui pose problème. Les pauvres sont des hommes-bonsaïs. Rien dans leur origine ne pose problème. Mais la société ne leur a jamais donné ce dont ils avaient besoin pour grandir. Pour sortir de la pauvreté, les pauvres n´ont besoin que d´un environnement favorable. Lorsqu´ils seront autorisés à libérer leur énergie et leur créativité, la pauvreté disparaîtra très vite. (...)Le microcrédit allume le moteur économique des individus rejetés par la société."
100 millions de clients
Cette propension à faire le bien et à chercher inlassablement ce qu´il y a de bien et de noble dans la nature humaine lui est, peut-être, offerte par sa religion. Le comité Nobel ne s´est pas trompé en 2006 en attribuant le prix Nobel de la Paix à celui qui ramène...la paix sociale. A l´heure où les inégalités entre pays et à l´intérieur des pays explosent, elle consacre conjointement Yunus, le "prophète" du microcrédit, et sa création: la Grameen Bank. "Une paix durable ne peut pas être obtenue sans qu´une partie importante de la population trouve les moyens de sortir de la pauvreté", justifie le comité Nobel norvégien. Le Nobel conquis par le microcrédit "Eliminer la pauvreté dans le monde, reconnaît le comité Nobel norvégien, [...] ne peut être concrétisé avec comme seul outil le microcrédit."..(4)
Plus de 100 millions de personnes, en majorité des femmes, bénéficient de ces prêts dans le monde. Selon un rapport de la Banque mondiale, 3264 institutions de microcrédits desservaient près de 100 millions de clients dans le monde. Moyenne des prêts: autour de 200 dollars, en grande majorité accordés à des femmes. L´Asie, d´où est parti le mouvement avec Mohammed Yunus, totalise plus de 80% des comptes ouverts...Et la France? 6740 microcrédits, 7000 précaires ont retrouvé un emploi l´an passé. "Au total, depuis 1989, 35.000 entreprises, générant 42.000 emplois ont été créées, grâce à plus de 41.000 crédits, déclare Marie Nowak, de l´Adie (Association pour le droit à l´initiative économique). Que fait-on en Algérie dans ce domaine pour les jeunes? Est-ce que les sommes distribuées par le département de la Solidarité participent de la même démarche où est-ce de l´assistanat ad vitam aeternam? Mao Tsé Toung disait qu´ " au lieu de donner un poisson à quelqu´un, il faut lui apprendre à pêcher ". Sans doute, faudrait-il revoir fondamentalement ce saupoudrage pour le rendre efficace en dehors de tous critères autres que ceux de la compétence, du dynamisme et de la volonté réelle de s´en sortir. A ce titre, les milliers de diplômés doivent être concernés.
(*) Ecole nationale polytechnique
1.Mohammed Yunus: Vers un nouveau capitalisme. Paris. Mai 2008
2.Auteur 34.865: Vers un nouveau capitalisme: Agoravox 17 mai 2008
3..Christian Losson: Mohammed Yunus, "Prêteur d´espoir" Libération.fr.14 octobre 2006.
4.Christian Losson. Le Nobel conquis par le microcrédit. Libération. 14 octobre 2006
Pr Chems Eddine CHITOUR (*)
21:26 Publié dans 3-MICRO-CREDIT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31/12/2008
Le microcrédit sert-il à enrichir les pauvres… ou les riches ?
Le microcrédit sert-il à enrichir les pauvres… ou les riches ?
Par Benoît Granger | Chercheur en microfinance | 11/09/2008 | 11H03Grosse colère de Muhamad Yunus, le fameux prix Nobel de la paix 2006, à propos des dérives de la microfinance et du microcrédit. Cet été, il participait à un sommet sur le sujet à Bali, et en a profité pour asséner quelques vérités simples. Le microcrédit a été inventé pour sortir les pauvres des griffes des usuriers. Si les micro-prêteurs facturent des taux d'intérêt énormes, ils ne font pas partie de la famille.
Au passage il annonçait la création, avec Chuck Waterfield, l'un des experts les plus respectés dans le domaine, d'un site consacré à ces fameux taux d'intérêt, pour « promouvoir la transparence des prix ». A vrai dire, il était temps.
Depuis 2005, année du prix Nobel de la paix pour Yunus, le paysage de la microfinance change à toute allure. De grandes banques, des grands fonds d'investissement se sont aperçus que la microfinance pouvait être un investissement très rentable, car, dans certains cas, on prête très cher aux pauvres ; et les pauvres remboursent très bien (car ils ne peuvent pas faire autrement). D'où quelques abus sidérants.
De l'ONG à la bourse
L'histoire qui provoque un débat violent dans l'univers de la microfinance est celle de Compartamos. Cette ancienne ONG a développé des programmes au début des années 90 pour faire des microcrédits aux femmes pauvres de la banlieue de Mexico. Puis, « pour assurer son développement » comme le justifiaient ses dirigeants, s'est transformée en société commerciale en 2000. Puis, se développant très vite, elle a demandé un agrément pour devenir une banque. Ses dirigeants ont introduit la société en bourse à Mexico et à New York en avril 2007 : la rentabilité était telle que la demande excédait 13 fois l'offre et qu'elle était valorisée près de 2 milliards de dollars par le marché.
Des taux d'intérêts à plus de 100%
Aussitôt, les cadres dirigeants de l'institution de microfinance ont vendu les actions qu'ils avaient souscrit, faisant au passage une plus value de 300 pour 1 : ils vendaient 300 dollars en 2007 des actions qu'ils avaient achetées 1 dollar en 2000 ! Sidérant.
Aucune entreprise, même une start up ambitieuse, ne parvient aussi vite à une telle valorisation en bourse. Et ce qui est scandaleux c'est que cette rentabilité est directement liée à l'activité de Compartamos, qui a constamment prêté à plus de 100 % de taux d'intérêt à des femmes pauvres et n'a jamais réajusté ses conditions alors que l'évolution de ses performances le lui permettait. Il n'y a au Mexique aucune loi limitant le niveau des taux d'intérêts.
Ce qui est doublement scandaleux c'est que les cadres dirigeants de l'entreprise ont vendu leurs parts, c'est-à-dire qu'ils ont sorti de la société des centaines de millions de dollars et l'ont donc appauvrie en ne gérant son développement qu'en vue de leur profit personnel… Enfin, pour l'avenir, le plus inquiétant est qu'il n'y a pas eu unanimité pour condamner un tel comportement. Bien sûr, les « hyper libéraux » comme le Wall Street Journal se contentent de dire que « c'est le marché » qui doit dicter les taux d'intérêt.
Silence et gêne
Mais même dans l'univers de la microfinance, on sent depuis cet événement une sorte de gêne. De la part du CGAP par exemple, qui regroupe les grands donateurs privés et publics, et qui n'a pas condamné clairement l'opération.
Ainsi, la microfinance, dite « de marché », est entrée dans la dure contrainte de la rentabilité à tout prix, comme le dénonce une étude de l'Organisation internationale du travail. Elle risque bien de profiter aux riches actionnaires du Nord, plutôt qu'aux pauvres clients du Sud.
11:39 Publié dans 3-MICRO-CREDIT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : micro credit micro finance
29/12/2008
Application du micro crédit en Egypte
| La micro finance donne du pouvoir aux femmes égyptiennes |
Par Iman Bibars [1]
Dans le cadre de la microfinance, les femmes se voient offrir la possibilité de créer un petit commerce chez elles ou près de chez elles, de sorte qu’elles ne sont pas contraintes de laisser leurs enfants seuls à la maison. La vente de légumes, d’articles d’épicerie, de vêtements ou d’accessoires confectionnés artisanalement sont autant d’exemples de ces petits commerces. De cette façon, les femmes peuvent subvenir aux besoins de leurs enfants, pourvoir à leur éducation et leur payer des soins médicaux.
En Egypte, les microcrédits sont proposés à des groupes d’au moins cinq femmes sans demander de garantie, mais à condition que chacune d’elles se soit engagée à travailler sur un projet précis. Pour obtenir un prêt, les femmes doivent avoir soit une activité existante, soit des idées pour en créer une. Des chercheurs, dont la spécialité varie selon la nature du projet, mènent ensuite mener une étude sur le terrain afin de s’assurer du caractère rentable et pertinent du commerce pour la région dans laquelle il est implanté.
Bien connu dans le monde de la microfinance, mais beaucoup moins en dehors de ce secteur, le taux d’amortissement du prêt pour les femmes qui en bénéficient est formidablement élevé : 99% dans le cas de l’Egypte. Les taux d’intérêt en microfinance sont généralement élevés comparés à ceux pratiqués pour les prêts conventionnels, car les bénéficiaires n’ont jamais été créditeurs par le passé ou ne détiennent pas de compte en banque. Cependant, les femmes qui bénéficient d’un prêt parviennent souvent à créer et à developer des projets privés.
Néanmoins, le secteur de la microfinance en Egypte se heurte malheureusement à des obstacles. A titre d’exemple, il n’existe pas en Egypte de lois spécifiques sur la microfinance comparables à celles d’autres pays dans le Grand Moyen-Orient, comme le Maroc. Ce dernier a institutionnalisé des cadres juridiques pour le microfinancement des ONGs à l’intérieur desquelles elles pourraient fonctionner.
Il existe aussi un manque d’information au sujet du programme et, en conséquence, près de 80% de la population égyptienne ignore les mécanismes de prêt existants ou les possibilités qui s’offrent à elle.
Il y a également besoin d’instaurer un quota selon les sexes car les programmes de prêts, bien que destinés aux deux sexes, sont le plus souvent accordés aux hommes, beaucoup de femmes n’ayant pas de carte d’identité ou autre document officiel.
Par ailleurs, les ONGs ou toute autre institution collaborent peu en matière de prêts. La collaboration institutionnelle est nécessaire pour que l’Egypte surmonte ces obstacles et s’assure que le microfinancement est accessible à plus d’individus dans le besoin. N’ayant pas de départements de microfinancement, les banques commerciales devraient peut-être envisager d’offrir aux ONGs des prêts spéciaux qui leur permettraient d’identifier les clients de la microfinance, en élargissant la portée du crédit aux pauvres tout en augmentant les marges des organismes de prêt.
La diversification des services de la microfinance qui comprend les prêts, la formation, le support technique et les études de faisabilité ainsi que la levée des restrictions sur des activités de crédit au-delà des prêts conventionnels pourrait également accroître la portée et les retombées des succès que la microfinance a enregistrés à ses débuts .
La création d’un centre d’information spécialisé pour documenter l’historique des emprunteurs et la mise en place de stages pour ceux qui travaillent dans les programmes de microfinance contribueraient également à améliorer le système. Par exemple, ADEW réclame la coordination entre les praticiens et le Social Fund for Development (Fonds social pour le développement), une initiative commune entre le gouvernement égyptien et le programme des Nations Unies pour le développement qui conçoit les programmes de développement et assure le financement de plusieurs initiatives liées au développement.
Le prêt n’est pas l’apanage des banques. Les ONGs qui travaillent dans la microfinance jouent déjà un rôle primordial dans le processus de développement en Egypte au travers de leurs connaissances approfondies des zones reculées et marginalisées qui ne sont pas ciblées par le secteur bancaire commercial.
Les ONGs comme ADEW sont donc remarquablement placées pour atteindre les bénéficiaires marginalisés et sensibiliser les personnes, auxquelles il ne serait pas possible d’avoir accès autrement, au sujet des mécanismes de prêts. La relation étroite avec les communautés marginalisées ainsi que la coopération avec les donateurs bilatéraux et multilatéraux font des ONGs des acteurs naturels dans le processus du prêt.
Bien que ces prêts ne réduiront pas totalement la pauvreté de l’Egypte ou n’apporteront pas de développement économique immédiat, ils représentent un moyen novateur de survie et d’emploi durable pour bon nombre d’Egyptiens et peuvent jouer un rôle important dans le développement global de l’Egypte.
Source : Service de Presse de Common Ground (CGNews), 31 octobre 2008, www.commongroundnews.org.
[1] Dr. Iman Bibars est présidente de l’Association pour le développement et la promotion de la femme (ADEW, www.dew.org/adew) et experte internationale en matière de genre et de développement. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).
17:06 Publié dans 3-MICRO-CREDIT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : micro finance, femmes
14/10/2008
micro crédit
06:09 Publié dans 3-MICRO-CREDIT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note