30.06.2009

ISR ET LA CRISE

Source : Rédaction CFO-news


ISR : L'investissement socialement responsable et la crise financière

L'investissement socialement responsable et la crise financière: se protéger contre une destruction de valeur globale.



ISR : L'investissement socialement responsable et la crise financière
Le problème est bien connu en biologie. Dans une population d'oiseaux, les individus qui s'aident mutuellement à éliminer les parasites nuisibles de leur plumage doivent en payer le coût en prenant sur le temps qu'ils consacreraient normalement à la recherche de nourriture. Les profiteurs dont le plumage est nettoyé, mais qui ne rendent pas le même service à leurs congénères, prendront du poids et deviendront plus compétitifs. Mais si le nombre de profiteurs dépasse un certain seuil, il ne restera plus d'oiseaux altruistes et l'ensemble de la population finira par mourir de ses parasites.

Cet exemple, classique en théorie des jeux, se retrouve naturellement dans le comportement des investisseurs: ce qui peut être bon pour un investisseur individuel ne l'est pas nécessairement pour la communauté des investisseurs prise dans sa globalité. Exercer une forte pression sur les entreprises afin qu'elles réalisent une rentabilité immédiate maximum est en effet susceptible d'augmenter les gains à court terme, mais aura finalement un effet pervers: elles prendront davantage de risques et pourront être amenées à recourir à des pratiques d'affaires irresponsables qui finiront par entraîner tout le monde au désastre. Les investisseurs forment de facto une sorte de «communauté de destin» économique.

Et c'est l'une des interrogations que pose de la crise actuelle: celle du rôle que devrait prendre l'analyse extra-financière, et en particulier la meilleure prise en compte des critères d'investissement Environnementaux, Sociaux et de bonne Gouvernance (ESG).

Une telle question fera probablement bondir la plupart des investisseurs «classiques», d'autant que depuis le début de la crise, les produits d'investissement mettant en oeuvre les concepts ESG ont souffert bien autant que les investissements conventionnels, si ce n'est parfois davantage. Certains parviennent même à peine à masquer leur «schadenfreude».

Après tout, l'analyse ESG n'avait-elle pas justement pour objet d'identifier ces risques, au delà des techniques financières traditionnelles? Et la crise actuelle n'a-t-elle pas apporté la preuve que ces grands discours d'autopromotion sur les risques et opportunités cachés liés à la durabilité étaient totalement erronés?

La réponse à ces deux questions reste mitigée, dans le sens où certains partisans d'une approche particulière de l'ESG ont en effet probablement mérité cette critique: ceux qui voulaient nous faire croire qu'il était réellement possible et suffisant de n'examiner que les critères ESG «financièrement matériels», c'est-à-dire limiter les indicateurs ESG à ceux susceptibles d'avoir une influence directe sur la rentabilité des entreprises. Bien évidemment, ces «champions» de la matérialité ont vu leurs performances anéanties, à l'instar de celles des autres acteurs du marché.

Devons-nous pour autant passer à autre chose et jeter aux oubliettes l'ensemble de l'ESG avec ses bévues? Loin s'en faut! Nous sommes au contraire persuadés que la crise a, de fait, validé un point de vue alternatif et plus traditionnel des investissements ESG, qui prône une approche plus large et moins arrogante de l'investissement socialement responsable (ISR). Après tout, personne ne saurait nier qu'à l'origine même de la crise, on trouve des pratiques endémiques et hautement insoutenables: objectifs de rentabilité immédiats et clairement incompatibles avec le contexte économique, distribution effrénée de crédit à des acteurs notoirement incapables de rembourser, incitations directes à la prise irresponsable de risques, ... et surtout recours à des pratiques de gouvernance ayant empêché tout contrôle efficace des risques et contribué à dissimuler le désastre naissant.

Sanctionner ces dérives professionnelles et encourager à une meilleure gouvernance constituent dès lors la justification ultime d'une stratégie d'investissement ISR crédible. Promouvoir activement les bonnes pratiques de gouvernance au plan environnemental et social, dans les entreprises comme dans l'ensemble de l'économie, demeure en dernière analyse la protection la plus efficace que nous puissions «acheter» contre une destruction de valeur aussi importante que celle que nous avons observée.

Le terme d'«acheter» a été choisi ici à dessein. Nous devons en effet apprendre à considérer l'ISR comme une sorte de «prime d'assurance», un investissement dans la stabilité de notre système financier et économique. Comme pour s'assurer contre un dommage, une stratégie d'investissement durable exige le paiement d'une prime et peut donc, au moins à court terme, avoir un certain coût. Malheureusement, moins le système économique est durable, plus ce coût sera élevé!

Du point de vue de l'investisseur, individuel comme institutionnel, renoncer au rendement maximal réalisable sur un placement et se contenter d'une rentabilité marginalement plus faible semble relever de la mauvaise décision. C'est toutefois un sacrifice qui mérite peut-être d'être consenti si nous voulons nous protéger efficacement contre le pire scénario, celui d'une correction à la baisse, généralisée et massive, qui ne touchera pas seulement les mauvaises entreprises à l'origine du chaos, mais qui enfoncera également l'ensemble du marché.

Bien sûr, se borner à identifier les meilleures entreprises et y investir ne sera pas d'un grand secours aussi longtemps que le nombre d'investisseurs ISR agissant ainsi restera aussi limité qu'aujourd'hui. Ce dont nous avons donc besoin, c'est d'un nouveau code d'investissement et de l'effort conjoint d'un nombre d'investisseurs suffisamment important pour entraîner le changement souhaité.

Par conséquent, renoncer au profit maximal réalisable à court terme et viser une croissance un peu plus faible, mais raisonnable à long terme, semble non seulement souhaitable d'un point de vue normatif, mais également constituer une stratégie d'investissement plus rationnelle. Car elle favorise une économie globalement plus stable et durable, pour les entreprises comme pour les investisseurs et finalement pour la société.

Par Christoph Butz et Olivier Ginguené
Christoph Butz est expert en développement durable, Olivier Ginguené est membre du comité exécutif de Pictet Asset Management à Genève.

Pictet & Cie
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Définition de Pictet Asset Management («PAM»): Dans ce document, Pictet Asset Management regroupe l'ensemble des filiales et départements opérationnels du groupe Pictet liés à la gestion institutionnelle: Pictet Asset Management SA, société suisse enregistrée auprès de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers FINMA, Pictet Asset Management Limited, société britannique autorisée et régulée par la Financial Services Authority, et Pictet Asset Management (Japan) Limited, société japonaise régulée par la Financial Services Agency of Japan.



24.03.2009

LES FONDS MONETAIRES ISR

Paris, le 23 mars 2009 – Novethic publie aujourd’hui sa première note de travail sur « Les fonds monétaires ISR ». Classe d’actifs en pleine expansion puisque leur volume a été multiplié par six en 2008, ils répondent à l’engouement des investisseurs pour la sécurité qu’offre ce type de fonds mais l’ISR ajoute une dimension de fiabilité tempérée par une transparence relative dans la communication et une absence d’engagement des promoteurs à ne pas investir dans les paradis fiscaux.



Explosion des fonds monétaires ISR

Les 13 fonds monétaires ISR recensés par Novethic dans sa note de travail, pesaient 6,3 milliards d’euros fin 2008, soit 31% des encours des fonds ISR distribués en France contre seulement 5% à fin 2007 ! Il est important de souligner que 6 de ces 13 fonds (dont les trois plus gros) ont été récemment convertis à l’ISR. La tendance se renforce début 2009 puisque les encours du monétaire ISR ont atteint 7,6 milliards d’euros à fin février 2009.

A titre indicatif, les encours des fonds monétaires sur le marché français ont accru de 32 à 43% pour atteindre 490 milliards d’euros sur 2008.



L’ISR garantie la fiabilité…

L’application d’un filtre ISR aux fonds monétaires offre des garanties supplémentaires à des produits déjà peu risqués, mais récemment discrédités par des démarches visant à doper leur performance. En effet, l’ISR permet de mieux répondre aux besoins de sécurité des investisseurs. Evaluer un fonds monétaire selon des critères ESG (Environnement, Social et de Gouvernance), permet d’en cerner la nature, les caractéristiques et de mieux identifier les émetteurs.



…mais pas la transparence

Néanmoins, le niveau de transparence fournit par les sociétés de gestion qui proposent des fonds monétaires ISR reste inégal et limité, notamment en ce qui concerne les règles de sélection et les seuils de tolérance. Alors que certains gérants excluent d’office les titres ne faisant pas l’objet d’une évaluation extra-financière, d’autres en autorisent un pourcentage, parfois jusqu’à 50%, en portefeuille. Par ailleurs, aucun d’entre eux n’a pris de position concernant les paradis fiscaux, considérés comme catalyseurs de la crise financière, dont les titres figurent parfois parmi les dix premières positions des fonds du panel de Novethic.



Les Fonds monétaires ISR constituent la première édition des notes de travail du centre de recherche de Novethic. Synthétiques, elles se focalisent sur une thématique ISR et ont pour objectif de nourrir le débat sur la prise en compte de critères ESG dans la sphère financière. Publiées à un rythme trimestriel, les notes de travail prévues pour 2009 concernent :

§ Finance islamique et ISR : Quelles convergences possibles ?

§ Quand le « private equity » passe à l’ISR

§ La généralisation de l’intégration de critères ESG

A propos de Novethic

Filiale de la Caisse des dépôts et consignations, Novethic est un centre de recherche, d'information et d'expertise sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises et l'investissement socialement responsable. Son site, www.novethic.fr, est le média expert du développement durable, source de référence pour les acteurs de l’économie responsable.


Source : Communiqué de presse

21.02.2009

Les émissions ISR institutionnelles, nouvel eldorado pour la finance durable ? Par Alexis Carre

Article proposé et écrit par Alexis Carre.

 

QUESTION: quel est le point commun entre Soeur Nicole Reille, le Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR) et la Région Nord Pas-De-Calais ? Réponse : l' Investissement Socialement Responsable ou ISR. L' investissement socialement responsable consiste à intégrer aux critères financiers usuels de l'analyse fondamentale un filtre développement durable. C'est l'application du principe de développement durable à la gestion. La finance durable et éthique a le vent en poupe, entraînant dans son sillage les investisseurs institutionnels ou "zinzins". Dans la lignée de la tendance observée en 2006, les investisseurs institutionnels français se sont montrés particulièrement dynamiques avec des encours ISR en hausse de +36% à 14.7 Mds d'euros à fin 2007. Mais qui sont exactement ces "green investisseurs" ?


Les investisseurs institutionnels ISR français sont constitués pour l'essentiel d' assurances, de mutuelles, de caisses de retraite et de prévoyance, de fondations ou de congrégations religieuses. L' approche ISR réponds à la double logique de diversification des risques et d'investissement à long terme chère aux institutionnels. L' incorporation de critères extra-financiers de développement durable, souvent plus qualitatifs, permet une meilleure appréhension du couple rendement/risque, source de création de valeur à moyen/long terme. En choisissant des entreprises ou des états respectueux de valeurs éthiques, environnementales, sociales ou de gouvernance d'entreprise, les "zinzins" diminuent ainsi les risques juridiques, sanitaires et de réputation de leur placements. Outre une stratégie de gestion des risques, les motivations principales pour investir dans l'ISR sont la volonté du conseil d'administration et le souhait d'expérimenter un nouveau mode de gestion. A cela peut s'ajouter une logique de différenciation marketing des assurances, mutuelles et caisses de retraites visant à séduire de nouveaux clients, notamment particuliers. Débâcle financière, court-termisme, absence de morale, les particuliers sont en effet en quête de sens et l' ISR peut leur apporter ce "supplément d'âme". Certains particuliers y voient même une force de rappel pour les marchés financiers, en témoigne l'étude d'Opinionway réalisé pour le compte de Paris Europlace en Novembre 2008.

En terme d'allocation d'actif, une enquête menée au printemps 2008 par Seeds Finance en partenariat avec Macif Gestion révèle une préférence des institutionnels français pour les actions, puis les obligations . Novethic dans son étude annuelle sur le marché de l'ISR français en 2007 souligne que leur zone d'investissement de prédilection est la zone Euro. Les institutionnels ISR investissent majoritairement via deux types de supports, des véhicules de gestion collective et dédiée. La gestion collective s'établit à fin 2007 à 5.8 Mds d' euros, en progression de +16%. La gestion déléguée et interne connaissent un fort développement à respectivement 4.8 Mds d'euros (+59%) et 4.1 Mds d'euros (+48%). 2007 marque un changement dans leur mode d'investissement, puisque désormais leur présence sur le marché de l' ISR s'effectue majoritairement via des supports de gestion dédiée (60%).

La gestion dédiée ISR a en effet été marquée en 2007 par la percée des institutionnels français de la retraite, sous l'impulsion notamment de l' Établissement de Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (ERAFP) et du Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR). Les chiffres de 2008 devraient confirmer cette tendance, avec l'appel d'offres 100% ISR de 150 millions d'euros en actions internationales et de 250 millions d'euros en obligations crédit réalisé par l' ERAFP. Le fonds de pension a par ailleurs été salué pour son engagement et ses actions en matière ISR par Natixis AM et le cabinet de conseil Amadeis en recevant le " Prix de l' Investisseur Responsable 2008". L' établissement s'est notamment illustré par une gestion intégralement développement durable dès l'origine, avec une stratégie à 100% en placements ISR. Au global, les fonds de pension publics et de réserves représentent 61 % du marché de la gestion dédiée ISR, devant les compagnies d'assurances et mutuelles (30%) et les fondations et organisations religieuses. Ces derniers qui ont pendant longtemps constitué l'essentiel de la clientèle institutionnelle ISR en gestion dédiée, ont vu leur poids décliner au cours des dernières années.

Historiquement, c'est en effet à une religieuse, Soeur Nicole Reille, que l'on doit le premier fonds éthique français. S'inquiétant au début des années 1980 de la retraite de ses coreligionnaires, Soeur Nicole Reille, expert comptable de formation, s'interroge sur les possibilités d'un placement long terme respectueux de principes moraux et sociaux. La réponse prend la forme du fonds commun de placements Nouvelle Stratégie 50, né en 1983 grâce à la société de gestion Meeschaert. À l'époque, une vingtaine de critères sont définis, parmi lesquels certains concernent les salariés, d'autres l'environnement. Sont exclues les activités nuisibles, comme l'alcool, le tabac, ou la pornographie.

Les approches d'exclusion sont toujours fréquemment utilisées en gestion dédiée ISR par les institutionnels français. A fin 2007, elles concernent 76% des encours gérés. Alors que les fonds de pensions étrangers, notamment anglo-saxons et scandinaves, proposent des filtres d'exclusion comme unique démarche ISR, les institutionnels français se distinguent avec des approches intégrant quasi systématiquement des filtres sélectifs ESG. L'appoche ESG consiste à choisir les entreprises les meilleures de la classe (" best in class" ) ou celles ayant le plus progressé ("best efforts") en terme de critères environnementaux (E), sociaux (S) et de gouvernance d'entreprise (G). En vogue au Etats-Unis, en Angleterre et surtout en Suisse via la fondation Ethos, l' approche activiste vise à faire pression sur les entreprises en faveur d'une responsabilité sociale et environnementale accrue par le dialogue direct et l'exercice des droits de votes. Si la culture du lobbying est parfaitement intégrée dans ses pays, l'activisme institutionnel fait encore cruellement défaut en France.

C'est ce que confirme une étude réalisée par Novethic avec le soutien de BNP Paribas Investment Partners fin 2008. L'enquête a été effectuée auprès des dirigeants d'une trentaine d'institutionnels français ( mutuelles, caisses de retraites, assurances et fondations) et au Royaume-Uni d'un quart des cent plus grands fonds de pension. Il en ressort que 79% du panel britannique place la gouvernance d'entreprise au coeur de ses priorités alors que le panel français accorde davantage d'importance à la question sociale (48%). En matière de gouvernance d'entreprise, les moyens d'actions divergent. Les Français privilégient une approche déclarative avec l'envoi de questionnaires aux entreprises dont ils sont actionnaires. Plus revendicatifs,les Anglais n'hésitent pas à faire pression en utilisant leur droit de vote en assemblée afin de défendre leurs intérêts de minoritaires. Les institutionnels français évoquent le désintérêt de leurs propres bénéficiaires (à l'exception du monde paritaire) comme le principal obstacle à leur activisme .

Au delà de ces prismes locaux, l' étude souligne un fort sentiment de responsabilité puisque 70% des institutionnels interrogés se déclarent responsables des stratégies des entreprises dans lesquelles ils investissent. L'enquête pointe cependant une minoration des enjeux environnementaux. "L'éco-conception des produits n'est, par exemple, une priorité que pour 24% des Français et 16% des Anglais, alors qu'elle peut avoir une incidence directe sur la compétitivité des entreprises et ses coûts de fabrication". Les raisons principalement invoquées sont le manque de connaissance des instituionnels sut l'articulations des questions écologiques avec les politiques des entreprises.

Un institutionnel français sur deux a déjà intégré l'investissement socialement responsable dans son portefeuille d'actif. C'est ce qu' indique un sondage mené par Seeds Finance et Macif Gestion, auprès d' une centaine d'investisseurs institutionnels français. Toutefois l' ISR représente moins de 5% des encours pour 7 institutionnels sur 10. Le potentiel de progression est substantiel. Parmi les freins au développement, l'étude souligne un "effet de mode marketing", une difficulté à sélectionner les bons gérants et une méconnaissance de cette approche d'investissement.

On mesure ici l'effort de pédagogie et de clarification indispensable à la maturation de la gestion ISR. Une charte est en cours d'élaboration entre le comité de Paris Europlace et les associations professionnelles du secteur. Une réflexion est par ailleurs menée sur la création d'une plate-forme européenne qui permettrait aux entreprises d'harmoniser et de communiquer les différents indicateurs en matière de responsabilité sociale. Novethic a lancé une réflexion en interne visant à encadrer le marché de l'ISR. S'il se concrétise, ce projet déboucherait sur un « label » basé sur des critères de construction de portefeuilles et de communication financière.

Soulignons en conclusion l'initiative de la Région Nord Pas-de-Calais, qui a lancé la première émission obligataire ISR début 2009 avec Dexia et HSBC comme arrangeurs. Cette opération inédite a permis à la région de diversifier ses sources de financement, touchant des fonds spécialisés ISR, des assureurs, des mutuelles à la fois français et européens. Le thème ISR s'est révélé un facteur positif. « Il a permis de faire jouer l'effet rareté et de faciliter les discussions sur le prix, indique Jérôme Pellet, à l'origination secteur public chez HSBC. Le thème ISR permet de toucher des poches de placements supplémentaires, de gros fonds spécialisés trouvant difficilement, actuellement, les papiers ISR où s'investir. ». Jouissant de notations financières (AA- Standard & Poor's ) et extra-financières favorables (AA+ BMJ Rating), la Région Nord Pas-de-Calais a pu levé 50 M€ à des conditions tout à fait intéressantes. Via cet emprunt la région poursuit sous l'angle financier une constante de sa politique, axée sur le critère du développement durable. Les émissions ISR institutionnelles, nouvel eldorado pour la finance durable ?


A.C.


BLANC, D., HOBEIKA, S., SICARD, J.P.(Mai 2008).ENQUETE ANNUELLE SUR LE MARCHE FRANÇAIS DE L'ISR EN 2007 : Gestion collective, dédiée et interne . Novethic.

(Novembre 2008).L' ERAFP reçoit le " Prix de l' Investisseur Responsable 2008 ". L'AGEFI Quotidien.

(2 Décembre 2008).Prix de l'Investisseur Responsable 2008. Publinet.

AIT-KACIMI, N. (27 Novembre 2008). L' établissement de retraite additionnelle de la fonction publique sacré meilleur "investisseur responsable". Les Echos.

AIT-KACIMI, N( 27 Novembre 2008). Un institutionnel sur deux mise sur l'ISR. Les Echos.

R. DOUMIC, I.(1 Avril 2008). Les modes de gestion de l'ISR évoluent en profondeur. Gestion Privée Magazine.

(9 Décembre 2008). Novethic : Enquête exclusive France / Royaume Uni 70 % des investisseurs institutionnels se déclarent responsables des stratégies ESG des entreprises dont ils sont actionnaires.Business Wire .

AIT-KACIMI, N. (5 Décembre 2008). L' activisme des institutionnels français fait encore défaut. Les Echos.

FUKS, J. ,D'AUVIGNY, C.H. (Novembre 2008). Les Français et les outils financiers responsables : notoriété, perception et intérêt. Opinionway.

SCHAUB, C. (1 Octobre 2008).L'actionnaire activiste. Enjeux Les Echos.

LANDROT, A. (25 Novembre 2008). Le développement durable s'impose dans la finance. L'AGEFI Quotidien.

GARROUSTE, F. (15 Janvier 2009). Succès de la première émission obligataire socialement responsable. L'AGEFI Quotidien.


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Alexis Carré

14.02.2009

LE POTENTIEL DE L'ISR

PRECEPTA vient de publier une étude, après plusieurs mois d’enquêtes et d’entretiens directs avec de nombreux dirigeants du secteur, sous le titre : « L’investissement socialement responsable - Positionnements et stratégies des opérateurs ». Voici les principaux enseignements de cette étude appronfondie de 110 pages.

 

A court terme, les ISR (Investissement Socialement Responsable) continueront de pâtir de la crise financière, de performances en berne et d’un retour de l’aversion pour le risque. Compte tenu des liquidités en circulation, un rebond des places
financières peut être attendu d’ici 2010.


ISR - L’investissement socialement responsable : un potentiel énorme


Des moteurs de croissance importants
L’ISR recèle un potentiel de croissance indéniable à l’heure où une prise de conscience généralisée s’opère sur les enjeux liés au développement durable. Pour preuve, les récentes mesures prises par l’Union européenne en faveur d’une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre et du développement des énergies renouvelables d’ici 2020.

La finance durable représente aujourd’hui encore un segment étroit de la gestion d’actifs avec moins de 2% des encours sous gestion. Même prise au sens large, c'est-à-dire en ajoutant aux fonds ISR purs (approches éthiques classiques Best in class, exclusion…), des approches ESG (Environnement Social Gouvernance) moins « fondamentales » (moins de 2 critères d’exclusion…), l’ISR reste confidentiel avec moins de 5% du total des actifs.

Pour autant, les institutionnels sont de plus en plus nombreux à adopter une démarche éthique. L’Etat y a participé en incitant le Fonds de Réserve des Retraites à investir une partie de ses actifs en Investissement Socialement Responsable. Bercy vient en outre de préconiser dans sa nouvelle loi de modernisation financière que tous les plans d’épargne devront proposer un fonds solidaire.

Le vieillissement de la population et avec lui la défaillance des systèmes de retraite et l’accroissement de l’épargne retraite sont de fait de bon augure pour l’essor du marché de l’ISR dans les années à venir.

Au-delà, ce sont d’autres moteurs structurels qui soutiendront le marché à moyen terme : diversification et multiplication des offres de produits financiers éthiques, des indices ISR, accroissement de l’épargne retraite et salariale… Les mesures réglementaires en faveur d’un développement des fonds ISR devraient également y contribuer.

Les acteurs ont été fortement touchés par la crise…
La crise financière n’a pas épargné les leaders de l’ISR. Spécialisée sur la banque d’investissement et de financement, Natixis est l’une des banques françaises les plus exposées. Dexia a quant à elle évité la faillite grâce à l’apport de plus de 6 milliards d’euros par les Etats français et belge. Le premier bénéficie de son leadership sur le marché de l’épargne salariale et le second de son positionnement auprès des institutionnels et des collectivités locales. Le troisième acteur
Rabobank, groupe néerlandais (présent sur le marché français via Robeco et la banque Sarasin) dont les résultats financiers ont encore progressé en 2008 fait donc figure d’exception dans ce paysage.
Quant aux banques françaises et aux assureurs (qui arrivent derrière en ordre dispersé selon leur volonté de pénétrer le marché de l’ISR), ils ont globalement mieux résisté à la crise financière.

… sans pour autant interrompre leurs offensives
Les volontés de déploiement des acteurs sur le marché de l’ISR restent d’actualité. La création de nouveaux fonds en est la preuve la plus évidente. Ce mouvement n’est pas récent : ces dernières années, leur nombre a été multiplié par 4. La diversification de l’offre y a bien sûr contribué.

Les sociétés de gestion proposent des investissements selon des thématiques précises : critères sociaux, humains, dimension éthique et partage… Les produits « verts » sont aussi de plus en plus nombreux.
Ces derniers incluent des sociétés qui travaillent sur l’environnement : gestion des déchets, eau, énergie renouvelable… Reste que cette nouvelle catégorie complexifie encore le marché, l’investisseur ayant du mal à comprendre la différence entre des fonds verts et les fonds ISR.

L’arrivée de nouvelles sociétés de gestion sur le marché de la finance durable participe à la tendance.
Dernier exemple en date : le lancement d’une structure commune entre le groupe de gestion UFG et la banque Sarasin, dotée de 10 professionnels. A noter : Robeco avait pris le contrôle de 64% de SAM (Sustainable Asset Management) fin 2006 dans le but de devenir l’une des premières plates-formes mondiales dédiées à l’ISR. Cette acquisition a permis à Robeco d’offrir de nouveaux fonds dans l’hexagone.

Le produit doit être démocratisé
Si l’essor de la finance durable est donc réel, les sociétés de gestion d’actifs devront pourtant redoubler d’efforts dans les années à venir pour sortir le marché de sa confidentialité.

Communiquer auprès d’un large public est en outre indispensable pour accroître la notoriété du produit et favoriser sa commercialisation auprès des particuliers. Si ces derniers se disent en effet de plus en plus intéressés par les problématiques de développement durable, passer à l’étape de la transaction est plus difficile.
La motivation des réseaux des banques est de ce fait indispensable pour permettre la diffusion du produit auprès du « mass market » et des clients de la banque privée. Une stratégie qui s’est d’ailleurs avérée payante chez certains acteurs comme Natixis qui a resserré ses liens avec la Caisse d’Epargne et la Banque Populaire. Ceci s’accompagne chez certains acteurs par le lancement d’assurance vie « éthique », produit phare des Français.
Rassurer les clients, privilégier les supports les moins risqués et améliorer la gestion des risques dans un contexte de crise de confiance devra bien évidemment être également au coeur des priorités.

QUI SOMMES-NOUS ?
PRECEPTA, division du groupe Xerfi, est un cabinet d’analyse indépendant, qui mène des études stratégiques, publiées à sa
propre initiative.
Il apporte à ses lecteurs, par son expertise professionnelle, sa liberté éditoriale, son ouverture intellectuelle, l’accès à la connaissance actualisée des évolutions sectorielles, des stratégies des acteurs économiques et de leur environnement.
Les études Precepta fournissent des clés pour mieux comprendre les enjeux d’un secteur, les rapports de forces qui s’opèrent et les axes stratégiques en cours, ceci dans le but de stimuler la réflexion stratégique.

www.xerfi.fr

05.02.2009

L'ISR definition par Alexis Carré

QU'EST CE QUE L' INVESTISSEMENT SOCIALEMENT RESPONSABLE?

Grenelle de l'environnement, Protocole de Kyoto, Prix Nobel de la paix à Al Gore et au groupe intergouvernemental d'expert pour le climat (Giec), Pacte mondial, norme ISO 26 000, Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), Principles for Responsible Investment (PRI), Carbon Disclosure Project (CDP),.. : le thème du développement durable a le vent en poupe, et les sociétés de gestion entendent bien surfer sur cette vague verte. L'Investissement socialement responsable (ISR) ne relève pas de la philanthropie, mais vise précisément à trouver un équilibre entre optimisation des profits d'une part et enjeux éthiques, environnementaux, sociétaux et de gouvernance d'entreprise d'autre part. L'approche ISR consiste à intégrer aux critères financiers usuels de l'analyse fondamentale un filtre développement durable. C'est l'application du principe de développement durable à la gestion. L'incorporation de critères extra-financiers, qui sont souvent plus qualitatifs, permet ainsi une meilleure appréhension du couple rendement/risque, source de création de valeur à moyen/long terme. Plusieurs approches ISR cohabitent :


Approche négative ou exclusive


Fonds éthiques. C'est la démarche historique : on exclut de l'univers d'investissement les secteurs et les sociétés qui ne sont pas conformes aux normes éthiques que l'on se donne. On parle de « sin stocks » ou valeurs du péché. Au départ, seuls des secteurs étaient visés, comme la pornographie, le tabac, l'armement, le jeu, l' alcool,.... Aujourd'hui, analyses et champs d'étude se sont sophistiqués. Peuvent être exclues les sociétés qui ne respectent pas les traités internationaux ou celles qui réalisent des affaires dans des domaines ou des pays controversés.

Les premiers fonds éthiques sont apparus aux États-Unis dans les années 1920 pour le compte de protestants. En France, le premier fonds de ce type a été créée en 1983 par la société de gestion Meeschaert. La Banque postale fut également un des pionniers de la gestion dite « éthique » en lançant un fonds en 1997 à destination de congrégations religieuses. Allianz Global Investors France gère actuellement le fonds d'exclusion Ethica pour la conférence des Évêques de France.

En Europe, les Britanniques, les Suisses, mais aussi les Scandinaves restent attachés aux critères d'exclusion. « La référence à l'éthique ou aux valeurs morales ne fait pas peur en Suisse ou en Grande Bretagne, alors qu'en France, on a tendance à considérer que cela relève de la religion », confirme Emmanuel de La Ville, le directeur général de l'agence de notation indépendante Ethifinance.


Approche positive ou sélective


Fonds « best in class ». Très attaché à la laïcité, la France a donc développé une gestion ISR un peu différente. Certes, les fonds d'exclusion existent aussi dans l'Hexagone. Mais le moteur de l'ISR en France reste une approche positive visant à sélectionner les meilleures entreprises dites « best in class » selon des filtres environnementaux, sociaux et de gouvernance d'entreprise au sein de chaque secteur. On parle de critères ESG.

Ainsi en matière d'environnement (E) l'analyste ISR scrutera par exemple les émissions de gaz à effets de serre (CO2), la pollution ou encore le respect de la biodiversité. Sur le plan social (S), il pourra observer le turn over, les politiques menées contre travail des enfants et les discriminations, la protection sociale des salariés, les mesures en faveur des préventions des accidents ou de lutte contre la corruption. Pour la gouvernance d'entreprise (G), il se concentrera par exemple sur la qualité de la communication financière, la stabilité et diversité de l'actionnariat, les pouvoirs et contre-pouvoirs en place dans l'entreprise, l'existence d'administrateurs indépendants,…

Une valeur n'ayant pas franchi le filtre éthique de l'approche exclusive peut être incluse dans un fonds « best in class » ce qui peut être source de confusion. « Un gérant privilégiant cette approche peut mettre en portefeuille une valeur comme Total pour saluer ses efforts en matière de développement durable. En revanche, il restera à l'écart de son concurrent ExxonMobil, réputé être indifférent aux questions environnementales », explique un spécialiste de l'ISR.

Les critères ESG sont les piliers de l'approche « best in class », mais d'autres éléments peuvent être intégrés. L'agence de notation extra-financière Vigeo, ajoute ainsi l'engagement sociétal, le comportement vis-à-vis des clients et des fournisseurs et le respect des droits de la personne.


Fonds "best efforts". Certaines sociétés de gestion mettent aussi l'accent sur les acteurs dont la notation extra-financière ESG s'améliore constamment, ceux qui font les meilleurs efforts ou « best efforts ».



Approche activiste


Fonds activistes. La gestion « activiste » consiste à faire pression sur les entreprises en faveur d'une responsabilité sociale et environnementale accrue par le dialogue direct et l'exercice des droits de votes. C'est une approche en vogue aux États-Unis, en Angleterre ou en Suisse. La Fondation Ethos, qui regroupe les intérêts de 78 fonds suisses, n'hésite pas à proposer le vote de résolutions en assemblée générale et à batailler avec les conseils d'administrations si le dialogue préalable n'a pas permis d'obtenir les résultats espérés. La direction de la Banque UBS en a fait les frais récemment.


Approche thématique


Fonds thématiques. Les années 2006 et 2007 ont vu les sociétés de gestion développées des gammes thématiques. « L'offre thématique se développe dans tous les pays européens. C'est la que se portent les souscriptions et les innovations en ce moment », confirme Benoît Magnier, co-fondateur d'Altedia Investment Consulting. L'approche thématique consiste à bâtir un fonds en privilégiant un thème précis : les questions climatiques, le respect des droits de l'homme, l'eau, les énergies renouvelables, traitement des déchets… Attention tous les fonds thématiques ne sont pas ISR et la confusion règne parfois. Il ne suffit pas d'être un « fonds vert » positionné sur les énergies renouvelables pour être ISR. Pour cela, il faut également satisfaire aux critères extra-financiers ISR. Novethic a ainsi étudié 22 fonds verts l'an passé sur le marché français, pour conclure que seuls 7 d' entre eux présentaient une véritable approche ISR. Les autres relevaient plus simplement de la catégorie des fonds sectoriels.


Approche solidaire et de partage


Fonds solidaires. Les fonds solidaires ont pour point commun de financer directement des projets socialement utiles, qui n'ont pas accès au financement bancaire classiques. Activités d'insertion, de créations d'emplois, micro crédit, aide au logement : les possibilités sont nombreuses. Pour qu'un fonds soit qualifié de « solidaire » il faut qu'au moins 5% à 10% de l'épargne collectée servent à financer des projets solidaires. Le Label Finansol a été créé en 1997 pour aider les investisseurs à sélectionner les fonds répondants à ces critères d'investissement .Un des fonds ISR solidaire pionnier est Insertion Emplois de Natixis Asset Management. « Grâce à nos investissement, nous avons créé 16 000 emplois depuis la création de notre fonds Insertion en 1994 » explique ainsi Patrick Savadoux.


Fonds de partage. Avec les fonds de partages, les sociétés de gestion vont plus loin en reversant à leur frais une partie des commissions de gestion à des organisations non gouvernementales (ONG) ou des associations caritatives. C'est le cas de Federal Action Finance, du Crédit mutuel Arkéa, ou d'Actions Nord Sud Alcyone Finance. Pour ce dernier fonds, la gestion est focalisée sur une préoccupation particulière : la réduction de la pauvreté dans les pays du Sud. Aussi le choix des valeurs est-il réalisé en concertation avec l'ONG Care France, grand réseau humanitaire » souligne Stéphanie Giamporcaro, responsable de la recherche ISR à Novethic. En contrepartie, les souscripteurs de ces fonds bénéficient d'un crédit d'impôts. Pour bénéficier du label Finansol, ces fonds doivent reverser au moins 25% de leur performance. Les fonds solidaires et de partage, ne sont pas nécessairement ISR. Ils doivent en plus des critères Finansol passer le crible des critères extra-financiers ISR.


Tendances actuelles


Un marché en constante progression. L'ISR ne procède ni d'une démarche humaniste, ni d'une stratégie purement marketing. La gestion ISR vise à créer de la valeur sur le moyen/long terme en adjoignant aux variables et ratios financiers d'analyses classiques un filtre extra-financier pour optimiser la construction d'un portefeuille. Malgré la crise actuelle, l'ISR est en constante progression. Selon EuroSIF, l'ISR pesait 2 665 milliards d'euro d'encours en Europe à fin 2007, contre 1 033 milliards fin 2005 et 336 milliards fin 2002.


Un besoin de clarification. Il n'existe pas de définition unique de l'ISR. Plusieurs approches ISR coexistent. La frontière entre ces différentes approches n'est pas imperméable. Certains gérants mêlent approche exclusive et « best in class », d'autres thématique et activiste, …Hétérogène dans ses pratiques, la gestion ISR pose un problème de lisibilité et de transparence pour les investisseurs et un réel défi aux consultants et analystes qui souhaitent hiérarchiser ses produits. C'est pourquoi Novethic a lancé une réflexion en interne visant à encadrer le marché de l'ISR. S'il se concrétise, ce projet déboucherait l'an prochain sur un « label » basé sur des critères de construction de portefeuilles et de communication financière. « Depuis 7 ans, l'univers ISR est passé en France d'une trentaine de fonds à plus de 200 produits, détaille Anne Catherine Husson-Traore, la directrice générale de Novethic. Il est donc devenu important d'apporter un éclairage sur ses caractéristiques. Faute d'un référentiel adapté, d'une méthodologie et de repères clairs et de garanties quant à l'engagement réel des sociétés de gestion, l'ISR ne parviendra pas à s'imposer durablement ».


Professionnalisation de la gestion ISR. Aux côtés des agences de notation extra-financières, bon nombres de sociétés de gestion développent leurs propres cellules d'analyse ISR en interne. Appréciant la complémentarité des filtres financiers et extra-financiers, certaines sociétés de gestion songent même à généraliser l'approche ISR à l'ensemble de leur gestion. « L'ISR apporte, en effet, une dimension complémentaire et une réelle valeur ajoutée à la gestion fondamentale. » confie Michel Lemonnier, responsable de la recherche ISR chez Groupama AM.


La gestion ISR comme force de rappel pour les marchés financiers. Perte de confiance, court-termisme, absence de morale, débâcle boursière, certains voient même en ses temps de crise la gestion ISR comme une force de rappel nécessaire pour les marchés financiers.


A.C.


Lambert, A. (Septembre 2008). Fonds ISR : Des approches toujours plus hétérogènes. L'AGEFI Hebdo.

Michel, A. (Octobre 2007). Le pari de l'éthique. La Vie Financière.

Lambert, A. (Novembre 2007). L'investissement socialement responsable à le vent en poupe. La Tribune.

Garnier, L. (Novembre 2007). Toutes les pierres pour bâtir le portefeuille éthique idéal. Le Revenu.

Roudaut, Y. (Novembre 2007). Les visages de l'investissement utile. Le Monde.

Roudaut, Y. (Mai 2008). Les multiples visages de l'ISR. Le Monde.

Durand, C. (Février 2008). Investissement socialement responsable : une clarification indispensable pour séduire les particuliers. L'AGEFI ACTIFS

Lucas Leclin, V., Schneider-Maunoury,G. (Novembre 2008). L' investissement socialement responsable sort de sa boîte. La Tribune.

Maulini,S.,Aubert,S.,Morell,Y (Mars 2007). L'investissement socialement responsable, une autre vision de la bourse. Investir.

(Novembre 2008). Vers un label ISR ? Environnement & Stratégie.

Bisaga, T.( Février 2008). Le classement des fonds ISR confronté à la diversité des approches de gestion. Asset Management Magasine.




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Alexis Carré

31.12.2008

la formation au développement durable

Développement durable : la formation dans la banque est insuffisante

16 octobre 2007

Julia Lemarchand

Un récent rapport sur la sensibilisation des salariés au développement durable montre que, sur ce terrain, les banques ont encore beaucoup à faire.

La place accordée par les entreprises du CAC 40 à la mobilisation des salariés dans la communication développement durable est encore largement limitée, rapporte l'étude réalisée conjointement par Novethic (1) et Des enjeux et des Hommes (2).

Seuls deux rapports développement durable 2006 – une communication rendue obligatoire par la loi NRE (nouvelles régulations économiques) de 2002 mais qui n'impose aucune obligation de résultats – accordent une place centrale à la formation des salariés (reporting dit « intégré »). Il s'agit de Total et St Micro Electronics. Pas de banque donc.

D'autre part, pour plus de la moitié du CAC 40, une telle action ne fait pas partie des objectifs affichés. Parmi les 5 groupes du secteur bancassurance présents dans le CAC 40, seuls deux se démarquent, Crédit Agricole et Société Générale, par un niveau de reporting dit « développé ». Les trois autres BNP Paribas, Dexia et Axa, eux, sont à la traîne avec un reporting dit « limité ». La dernière catégorie étant reporting « fragmentaire ».

Les financiers sensibilisés mais encore trop peu formés

 

« Les banques ne sont pas les derniers de la classe, ni les premiers. Bref, moyen dans l'ensemble ! Cependant, il faut garder en tête que le niveau de la classe n'est pas franchement remarquable… », résume Anne-Catherine Husson-Traoré, directrice de Novethic.

Leurs rapports présentent davantage d'actions de sensibilisation (communication interne, événements, débats, expositions, etc.) que d'actions de formation (e.learning, modules en salle, etc.). Ainsi, les « éco-gestes », type diffusion d'un livret pratique, sont particulièrement en vogue. En revanche, « quand il s'agit de développer des compétences et d'appliquer à toutes les lignes métiers la stratégie affichée par le top management, les bons élèves se font beaucoup plus rares, constate Anne-Catherine Husson-Traoré. Or ce secteur nécessite précisément une grande pédagogie tant l'implication environnementale des offres financières faites aux clients est complexe ».

 

Et quand les banques s'engagent dans cette voix, à l'instar de Dexia et Crédit Agricole faisant état de modules de formation à l'ISR (investissement socialement responsable) à destination de leurs salariés, les auteurs de l'étude parviennent mal à en saisir la réalité opérationnelle (nombre d'heures, nombre de salariés concernés, lieux…). Pourtant, on est sur ce terrain au cœur des enjeux clés sur lesquels le secteur bancassurance peut véritablement peser.

 

(1) Novethic : Filiale de la Caisse des Dépôts, Novethic est un centre de recherche, d'information et d'expertise sur l'investissement socialement responsable et la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

(2) Des enjeux et des Hommes : Cabinet de formation et de conseil spécialisé dans la mobilisation des salariés pour le déploiement des politiques de développement durable dans les pratiques et comportements professionnels.

29.12.2008

les entreprises les responsables au monde

Article entièrement repris du blog de J'Epargne Utile: http://blog.jepargne-utile.com http://blog.jepargne-utile.com/business/sb20-les-20-entreprises-les-plus-responsables-au-monde-443


SB20 : les 20 entreprises les plus responsables au monde

sb20.jpgComment déterminer les 20 entreprises les plus responsables au monde, me direz vous ? C’est le travail qu’un collège d’experts a réalisé. A partir d’un panel de sociétés internationales, sélectionnées sur des critères de responsabilité mais aussi financiers,  ces experts ont pour ambition « de créer une liste d’entreprises qui, au fil des ans, progressent en orientant leur processus de production vers plus de responsabilité, ou en développant des produits basés sur des technologies vertes ».

Company Name

Ticker

Sector

Country

Accsys Technologies Plc

AXS.L; ACSYF.PK

Green Building

England

Apogee Enterprises, Inc.

Nasdaq: APOG

Green Building

USA

Asahi Pretec

5855.T; AHPKF.PK

Recycling

Japan

Canadian Hydro Developers, Inc.

KHD.TO

Wind/Small Hydro

Canada

Chipotle Mexican Grill

NYSE: CMG

Corporate Pioneer

USA

Climate Exchange plc

CLE.L; CXCHF.PK

Emissions Reduction

England

First Solar

Nasdaq: FSLR

Thin-Film Solar

USA

Google, Inc.

Nasdaq: GOOG

Corporate Pioneer

USA

Hewlett-Packard Co

NYSE:HPQ

Corporate Pioneer

USA

IBM

NYSE:IBM

Corporate Pioneer

USA

Interface

Nasdaq: IFSIA

Corporate Pioneer

USA

Lindsay Corporation

NYSE: LNN

Water

USA

Natura Cosmeticos SA

NATU3.SA

Corporate Pioneer

Brazil

Ormat Technologies

NYSE: ORA

Geothermal Energy

USA

Philips Electronics

NYSE: PHG

Corporate Pioneer

Netherlands

Solar Millennium AG

S2M.DE

Solar Thermal

Germany

Staples, Inc.

Nasdaq:SPLS

Corporate Pioneer

USA

Suzlon Energy Ltd.

SUZL.BO

Wind Energy

India

TNT N.V.

TNT.AS; TNTTY.OB

Corporate Pioneer

Netherlands

WaterFurnace

Renewable Energy

WFI.TO Geothermal Heat Pumps

USA

Sans prétendre devenir une liste d’investissements type, ce palmarès a pour but avant tout de valoriser les entreprises faisant des efforts dans leur domaine d’activité. Rappellons en effet que la RSE est avant tout une affaire de bonne volonté, en l’absence de règlementation formelle au niveau mondial.

En 2008, autant de compagnies développant des produits «verts» (Green Pioneers) qu’ayant responsabilisé leur système de production (Corporate Pioneers) composent le SB20 : “Sustainable business 20″.

En termes de « secteurs verts », on trouve :

La construction
La société Apogee (APOG), pour la réalisation de la tour Bank of America à New York avec des matériaux durables,
Accsys Technology, une société basée en Angleterre ayant développé un bois ultra résistant qui permet aux forets d’être plus durables,

Les énergies renouvelables
First Solar est leader sur les films solaires hautement efficients,
Solar Millennium a construit la plus grande centrale solaire au monde,
L’indienne Suzlon s’est rapidement placée en tête de peloton des industries éoliennes

Les entreprises pionnières en termes de responsabilité :

Google fait son entrée dans le top 20 des « Sustainable Stocks » en 2008 pour l’innovation constante dont font preuve ses moteurs de recherche, ainsi que sa grande générosité pour les technologies propres (plusieurs centaines de millions de dollars par an),
IBM propose de réduire de moitié d’ici 2010 les besoins en énergie de ses machines, tout en augmentant la capacité des ordinateurs par 10,
Le transporteur de colis et documents TNT est devenue le premier du genre à avoir réduit à zéro ses émissions de GES.

Qu’est ce que cela nous apprend ?
Ce genre de classement s’est multiplié ces dernières années, mais suscite de nombreuses questions.
En effet, les entreprises bien placées dans les résultats ont légitimement les moyens de communiquer sur leurs actions, contrairement aux plus petites. Même si elles le font en toute bonne foi, on peut supposer qu’il est plus facile d’avoir un bon comportement aux yeux du monde avec de plus gros moyens. De là à les soupçonner de “green washing”…
De plus, à la lecture des noms des 20 sociétés retenues, il est évident qu’une large part est faite aux entreprises américaines. De là à imaginer une plus grande facilité pour les membres du jury, également américains ou anglophones…il n’y a qu’un pas.
Dernière remarque : si le classement a l’avantage de porter un coup de projecteur sur la RSE, il ne reflète pas réellement les tenants et aboutissants d’une responsabilité globale de l’entreprise (Environnement, Social, Gouvernance) et ne focalise souvent que sur un seul aspect de cette politique volontaire.

En définitive, aucun classement à ce jour n’est entièrement satisfaisant pour juger de la responsabilité des entreprises et de leurs efforts respectifs. Reste que ce travail est indispensable pour entamer et juger une croissance mondiale soutenable.

La liste complète des 20 entreprises du SB20 en 2008:
http://www.sustainablebusiness.com/index.cfm/go/progressi...

La liste des juges et des sociétés du SB20 depuis 2006:
http://www.sustainablebusiness.com/index.cfm/go/progressi...

 

 

Article entièrement repris du blog de J'Epargne Utile: http://blog.jepargne-utile.com http://blog.jepargne-utile.com/business/sb20-les-20-entreprises-les-plus-responsables-au-monde-443

17:20 Publié dans 4-I.S.R | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : isr

les enjeux environnementaux

Jacqueline McGlade, scientifique de nationalité britannique, dirige l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), basée au Danemark. L'AEE étudie de façon indépendante l'état de l'environnement dans l'Union européenne (UE) et évalue les politiques publiques qui y sont menées pour le compte de la Commission, du Parlement et des Etats membres. Quelque 170 experts y travaillent.

Vous publiez, début janvier, un rapport sur les enjeux pour 2009 en matière d'environnement qui se veut beaucoup plus accessible au grand public que vos travaux habituels. Quel est l'objectif?

L'influence des citoyens en 2009 sera cruciale. Ils doivent être informés de ce qui va se passer en décembre à Copenhague, où l'accord qui succédera au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre sera négocié entre tous les Etats. Les citoyens entendent parler de changement climatique, mais n'ont pas une idée claire des enjeux. Notre objectif est de rendre ceux-ci plus accessibles pour redonner du pouvoir aux citoyens. L'enjeu est considérable. Nous sommes en train de nous écarter dangereusement de notre trajectoire de sécurité. Nos émissions de gaz à effet de serre croissent encore plus vite que dans les scénarios les plus pessimistes.

Les conséquences du changement climatique restent-elles encore abstraites aux yeux du grand public?

Oui. Il faut se rendre compte que, jusqu'à présent, nous avons évolué dans un environnement climatique très stable. Une baisse d'un demi-degré en moyenne a suffi pour nous faire entrer dans le petit âge glaciaire. Chaque degré compte. Notre objectif est de stabiliser la hausse des températures à deux degrés supplémentaires. C'est une cible extrêmement ambitieuse, et même avec deux degrés de plus, nous ne vivrons pas de la même manière, y compris en Europe. L'eau ne sera plus autant disponible. L'agriculture ne pourra pas être la même. L'industrie touristique devra évoluer. Mais la lutte contre le changement climatique recèle aussi d'importantes opportunités. Par exemple, les mesures de réduction des émissions en Europe nous permettront d'économiser 8,5 milliards d'euros par an dans la lutte contre les polluants atmosphériques. Les économies pour les services de santé en Europe pourraient atteindre 45 milliards d'euros par an.

La lutte contre le changement climatique ne risque-t-elle pas de passer au second plan au moment où les conditions de vie du plus grand nombre sont menacées par la crise économique?

Il faut utiliser ce moment pour restructurer l'économie, repenser les fondamentaux. Nous ne devons pas reconstituer le modèle économique précédent. Le "New Green Deal" dont parle Barack Obama, qui doit déboucher sur la création de nombreux emplois "verts", ne fonctionnera pas si l'on se contente de remplacer des voitures à essence par des voitures qui roulent aux carburants renouvelables, par exemple. L'économie doit être pensée comme une filiale à 100% de l'environnement, et le prix que nous donnons aux choses réévalué. Si nous prenions en compte le coût véritable de l'eau et des carburants nécessaires à la fabrication et au transport des biens, nous constaterions que les déplacer autour du monde et même en Europe, comme nous le faisons, coûte très cher.

L'accord récemment conclu par l'UE pour réduire ses émissions de CO2 de 20% d'ici à 2020 a été salué comme une première historique mais aussi critiqué par les organisations non gouvernementales (ONG). Qu'en pensez-vous?

Les politiques ont effectué un pas en avant extrêmement audacieux. Les ONG peuvent avoir raison de dire que l'accord est tellement compliqué que personne ne sera capable de vérifier son application. Mais il fixe des objectifs si agressifs, si ambitieux qu'il nous force dès maintenant à penser différemment. Le "business as usual" ne suffira pas pour les atteindre. A travers la mise aux enchères des quotas des CO2, un prix sera mis sur les émissions polluantes. C'est un début, mais cela ne sera pas suffisant. S'ils veulent atteindre les cibles, les pays vont devoir mettre sur pied des politiques très volontaristes, très vite.

Pensez-vous que la communauté internationale peut aboutir à un accord satisfaisant à Copenhague?

Cela dépendra de la pression de l'opinion publique mondiale. Certains signes sont encourageants comme, bien sûr, l'arrivée de l'équipe Obama à la Maison Blanche et l'émergence de nouveaux Etats ou groupes d'Etats qui veulent prendre part à la lutte contre le réchauffement climatique. L'un des grands enjeux de la négociation sera la question du financement et le fonctionnement du fonds d'adaptation [abondé par les pays riches, son objectif est de financer des actions dans les pays confrontés aux conséquences du réchauffement].

Nous devrons prendre garde à ce que ce fonds serve bien à ralentir le changement climatique, et à s'y adapter. Nous allons être accusés de néocolonialisme en voulant contrôler l'utilisation qui est faite de cet argent, mais un accès direct des pays en développement au fonds ne vaut pas chèque en blanc. Il faudrait peut-être appliquer le schéma qui prévaut dans l'industrie nucléaire, où il existe des possibilités d'inspection par toutes les parties.

 

Source Yahoo news

09.10.2008

ISR