05.02.2009

Les banques islamiques et la crise des subprimes

L’insolente santé financière du Golfe en défaut Version imprimable
04-02-2009

Le mois qui vient de s’écouler a apporté des éléments de réponse sur l’état réel de la santé financière des institutions financières du Golfe.
Dubai

Pour certains acteurs aux métiers diversifiés comme, Gulf Finance House, l'année 2008 se termine avec des résultats nettement en recul. L’institution basée à Bahreïn a ainsi réalisé un bénéfice de 291 millions de dollars, en baisse relative par rapport au résultat de 2007. Sur le dernier trimestre 2008, Gulf Finance House a perdu 10 millions de dollars, selon un communiqué.

Un océan d’incertitudes

Cependant, GFH fait presque figure d’un ilot de prospérité au milieu d’un océan d’incertitudes et de pertes. Parmi les exemples les plus saillants, la Kuwait Finance House, première banque islamique du Koweït, fait état de 221 millions de dollars de pertes. Quant à Global Investment House KSCC, elle est en train de signer la première cessation de paiement des banques de la région. Des cabinets auraient été mandatés pour négocier avec les créanciers. L’établissement a besoin de 1 milliard de dollars pour refinancer sa dette internationale. De son côté, Gulf Bank KSC, deuxième institution du pays par le total au bilan, serait aussi sur une perte de 1 milliard d’euros à cause d'opérations de trading risquées.

Perte de confiance

Signe de la perte de confiance chez les investisseurs, les 7 places boursières de la région (549 milliards de dollars en capitalisation boursière) ont perdu 51 milliards de dollars durant le seul mois de janvier. Les gouvernements du Golfe qui font état de 2 500 milliards de dollars de réduction de leurs actifs financiers de par le monde, réagissent à la donne en soutenant le secteur immobilier en général (et la forte exposition des bancaires) ou comme dans le cas du Koweït, en lançant un programme financé à plusieurs milliards de dollars pour soutenir les institutions incapables d’honorer leurs dettes. Epargné encore il y a six mois, le système financier du Golfe semble payer le prix du retournement de tendance du marché pétrolier et, relativement, de son exposition à l’immobilier.

A.W

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